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 Halte à Mildburg

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Mavrag
Mercenaire

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♦ Peuple : Thuatann
♦ Métiers : Chef du clan Alaric
♦ Localisation en Inwilis : Là où les Alaric vont.
Nombre de messages : 13

MessageSujet: Halte à Mildburg   Jeu 6 Sep - 0:59

Le vent ne charriait plus le sel de la mer, portant à présent l’odeur sucrée des arbres fruitiers, celle, plus piquante, des cultures, et celle d’eau fraîche du fleuve. L’ancienne route serpentait en suivant le cours du fleuve, remontant jusqu’à Valgerd. La portion de route, sur laquelle ils se trouvaient, était celle construite par l’ancien empire de Tiern, avant que les Sidhes ne prennent le Maëldan, avant que les Norrois ne déferlent depuis le Nord. La route était entretenue par les clans des villages et cités qu’elle traversait, étant un des axes commerciaux principaux du Maëldan. De nombreuses barges descendaient ou remontaient le fleuve, mais il y avait tout autant de convois qui empruntaient la route, allant ensuite à l’Ouest ou à l’Est. Les terres bordant le fleuve étaient massivement exploitées par les cultures, de Crinoc à Armenelos, se transformant en pâtures en montant au Nord.
Le convoi s’étirait, avançant à un rythme lent mais régulier, toujours baigné dans l’atmosphère joyeuse d’être de retour au pays, malgré le long voyage qui les attendait pour rentrer à Miervaldis. Les roues des chariots et les sabots des bêtes sur les pavés, les grincements, cliquetis, les bavardages, enveloppait l’équipée d’une joyeuse cacophonie. Les Alaric se relayaient pour conduire les différents attelages, ou pour profiter d’une place à l’arrière ou à l’avant d’un chariot, plutôt que d’être à cheval constamment. Le temps se maintenait au beau fixe, malgré une grisaille matinale, leur permettant de progresser aussi rapidement que possible avec autant de chariots, et si certains étaient encore vides, ils seraient remplis lors de leurs différentes escales.
A Linir, ils avaient fait le plein de fourrage, payant moins cher que s’ils avaient payé à Armenelos. Ils avaient aussi refait le plein de provisions fraîches, et avaient repris la route. D’après Mordyn, ils devraient atteindre Mildburg dans une heure ou deux. Ils avaient pris du retard à cause d’une roue cassée. Autrement, les Alaric étaient rôdés à la vie nomade, ne perdant pas de temps lors des haltes, faisant preuve d’une organisation efficace. Et s’ils s’arrêtaient pour une heure ou deux peu après midi, le convoi s’immobilisait généralement pour la nuit, avant que celle-ci ne tombe. Le camp était rapidement monté, tentes, feux, et très vite, le repas du soir était préparé. Ils n’avaient pas à se presser, malgré l’envie de rentrer chez eux. Cela ne les empêchait pas de démonter le camp aux premières lueurs de l’aube après avoir mangé. La proximité du fleuve leur permettait de renouveler leurs réserves d’eau et de se laver à loisir.
Le drow avait désactivé l’armure magique, et Mordyn lui avait conseillé d’envelopper le cristal dans du tissus et de l’enfouir dans son paquetage, histoire qu’il n’y aucun incident avec la proximité d’autant de Alaric. L’armure avait pris la place qui lui avait été réservée par Mordyn, et Kalem voyageait volontiers dans un chariot. Quant à Anya, Miela lui avait mis le grapin dessus, et Marban se moquait allégrement de l’intérêt enthousiaste de la jeune femme, qui ne semblait pas faiblir. Le béguin de Merlock non plus, et celui-ci, s’empressait toujours de venir aider la jeune femme. Cela tirait des rires, des sourires, et parfois des roulements d’yeux. Mavrag gardait un œil sur ses Alaric, et sur le ciel, parce que son frère ne les avait toujours pas rejoints. Il commençait à soupçonner qu’il y avait trouvé plus que des livres d’intérêt dans les bibliothèques de l’université. Après Linir, Mavrag avait cessé de vraiment l’attendre.
De Linir à Midlburg, ils avaient encore traversé des entendues de champs, de pâtures, s’était arrêté dans un village, avant de reprendre la route, et la roue d’un chariot, placé en milieu de convois, s’était brisée. Le convoi tout entier s’était arrêté et les Alaric s’étaient mis au travail. Il avait fallu deux heures pour que le convoi puisse repartir. Et comme la grisaille matinale laissait place au soleil, une chaleur moite était tombée sur eux en fin d’après-midi. Tout le convoi semblait en souffrir, alors que Mildburg paraissait s’éloigner, jusqu’à ce que Mordyn annonce qu’il ne leur faudrait qu’une heure ou deux pour y arriver. Mavrag avait envoyé quatre Alaric annoncer leur arrivée imminente, et le convoi avait eu un sursaut d’énergie.

De Mildburg, ils virent en premier les lumières à la nuit tombante. Mildburg était une cité d’une taille modeste en comparaison de Glasthuil dont l’importance se devait à sa position centrale, en faisant un des noeuds commerciaux les plus important du Maëldan. Les villages croissaient aussi autour de Glasthuil, et sur les bords de l’ancienne route. Le convoi traversa de plus en plus de villages, dépassèrent de nombreux croisements, de nombreux gués pour passer le fleuve, alors qu’ils approchaient de la cité. Les alentours de Glasthuil seraient encore plus peuplés. Miervaldis ne jouissait pas d’une telle population, bien qu’avec les années de paix, des villages et hameaux soient sortis de terre, cela n’avait rien de comparable. Mavrag en était satisfait, trop de voisins et de petits clans seraient un casse-tête à gérer, et il ne pourrait guère s’absenter comme il le faisait. Lors que les Alaric partaient en campagne, ils ne revenaient généralement pas avant des mois, parfois plusieurs années, surtout lorsqu’ils traversaient la mer du milieu pour gagner le Sud, où le mercenariat payait mieux qu’au Nord. Le Sud était un bourbier et il y avait toujours quelqu’un pour payer leurs services. Le Nord, en tous cas, dans les pays de l’alliance, était relativement en paix. Même si la dernière rébellion des centaures avait coûté cher aux Falastois, ni l’Inwerin ni le Maëldan n’avaient subi la guerre. La dernière fois que le Nord avait été à genoux, c’était la maladie qui l’avait abattu, pas la guerre, lorsque la Crayeuse s’était répandu partout alors que la guerre de Lys avait embrasé tout le Sud. Cependant, la politique remplaçait bien la guerre, notamment en ce qui concernait les relations entre les clans. Non vraiment, Mavrag préférait voir du vert vide de présence pensante et capable de tenir une arme autour de Miervaldis. Il n’enviait absolument pas Parthalan des Fearghas qui détenait la couronne, et se retrouvait au centre des prétentions de chacun. Mavrag ruminait ses pensées, seulement interrompu par le retour de deux cavaliers, et le départ de quatre autres, envoyés pour transmettre les commandes de Mordyn : fourrage, vivres, et viandes séchées ou fumées en provenance de Bragord, dont les porcs étaient réputés pour leur viande savoureuse. Mèv avait été claire : si Miervaldis voulait pouvoir passer l’hiver sereinement, il fallait remplir les réserves autant que possible. Elle avait envoyé ses propres chariots et négociants, mais tout ce que Mavrag lui rapporterait serait bienvenu.
Pourvu d’un cercle de rempart, au-delà desquels avaient poussé des maisons, des granges, un moulin, Mildburg semblait accueillante avec ses lumières allumées. Mavrag prit avec lui quelques hommes, et laissa Mordyn se charger de superviser le montage du camp.


***
Mordyn avait pesté quand il avait vu qu’une roue de chariot avait simplement casser. Il avait fallu vider celui-ci avant de pouvoir la remplacer, et le remplir à nouveau. Il aurait pu répartir la marchandise, la divisant pour la placer dans d’autres chariots, ou simplement en remplir un autre, mais le nourricier du clan tenait un compte précis de ce qu’ils trimballaient et dans quel chariot. Chambouler, ne serait-ce qu’un peu, son organisation, ne lui plaisait pas du tout, et lui faisait perdre un temps précieux. Le Alaric aux tempes et à la barbe grisonnantes ne fut pas mécontent de voir Mildburg apparaître. Sans grandes déclarations, Mavrag prit quelques guerriers avec lui, et se détacha de leur colonne pour gagner la ville. Leur chef dormirait dans un lit, comme d’autres qui souhaiteraient profiter de ce genre de luxe, pendant que le reste dormirait sous leurs tentes, comme à leur habitude. Mordyn avait sa masure à Miervaldis, qui l’attendait, et où se trouvait son lit, auquel il avait toujours du mal à se faire quand il rentrait après de longues périodes passées sur les routes. Il aimait ce qu’il faisait. Il avait eu son lot de bataille, mais le Alaric avait un truc pour le négoce et la gestion, et d’autres s’en sortaient moins bien que lui pour ce genre de chose, si bien qu’il avait la totale confiance de son chef de clan.

-Allez les gars, encore quelques pas et on y sera ! beugla-t-il de sa voix de stentor.

Des sifflements et des cris lui répondirent, et le convoi avança plus rapidement. Ils approchèrent Mildburg, où des têtes curieuses se détachaient dans la lumière des fenêtres, alors que deux des cavaliers Alaric parti prévenir la ville de leur arrivée revenaient vers eux. Mordyn échangea quelques mots avec eux, avant de crier ses instructions qui furent relayées. Ils pouvaient s’installer près des portes ouest. Tout le convoi bifurqua.
Une fois sur place, les Alaric descendirent de selles ou des chariots et se mirent à monter le camp : trouver du bois pour le feu, monter les tentes, s’occuper des bêtes, ëarthaës, chevaux, wurthus, les abreuver, les soigner, leur donner à manger. Il fallait aussi faire manger toute la compagnie, mais Mordyn procéda au comptage rapide des Alaric qui mangeraient dans les établissements de la ville ce soir, envoyant ses commis partout à travers le camp. Il s’approcha du Drow :

-Maitre Kalem, pas trop secoué ? Vous restez avec nous ce soir, ou vous préférez manger et dormir en ville ?


***
Miela descendit du chariot avec un peu moins de souplesse qu’à son habitude. Elle avait chaud, et son absence de nez la grattait sous le cuir de son bandeau troué. Elle passa un doigt dessous, pour soulager d’un ongle expert les démangeaisons autour des trous, vestiges de son nez coupé. Elle s’étira ensuite, faisant craquer ses épaules et son dos, soupirant. Elle faisait le voyage avec Marban comme d’habitude, mais cette fois, elle avait aussi une nouvelle compagne en la personne d’Anya. Au cours des deux semaines qui s’étaient écoulées, Miela s’était efforcée de répondre à toutes les questions, de rassurer sa nouvelle amie de son mieux. Elle trouverait certainement du travail à Miervaldis, ce n’était pas non plus la place qui manquait là bas. Ses frères et sœurs l’acceptaient déjà, et puis, elle n’avait qu’un mot à dire et Merlock l’épousait sur le champ. Cela les faisait rire, même si Miela faisait attention à ce que le Alaric ne devienne pas trop lourd avec ses attentions. Elle avait aussi parlé de son apprentissage auprès de Marban. Les Alaric ne pouvaient pas être guéris par la magie, quand ils étaient blessés ou malades, et bien, Marban recousait les plaies, posait des attelles ou des bandages, confectionnait des cataplasmes, et faisait boire des décoctions au goût atroce. Cela prenait aussi du temps. Miela apprenait à faire tout cela, à connaître les plantes médicinales de tous les pays, à connaître toutes les techniques pour remettre un os en place, pour soigner des fractures et des plaies ouvertes. Elle n’avait cependant rien dit son passé, ni comment elle s’était retrouvée adoptée par les Alaric, en dehors du fait qu’ils l’avaient trouvée et gardée. Elle n’avait pas expliqué pourquoi il lui manquait son nez et sa poitrine, elle n’en parlait jamais. Marban avait parfois fait des commentaires, ou s’était allégrement moqué d’elle, mais Miela ne lui tenait pas rigueur, bien qu’elle s’agaçât parfois.

-Mildburg ! s’écria-t-elle en désignant la ville d’un large mouvement de bras, enfin !

-Plutôt que de faire de l’esbrouffe, aide moi donc avec ce pauvre Ricochet.

Ricochet était le nom de leur ëarthaë, un mâle aux cornes imposantes, qui devait son patronyme a une habitude de jeunesse consistant à taper sa tête dans le moindre obstacle. L’animal était un peu débile comme disait Marban, mais il trimballait le chariot du guérisseur sans effort. Marban était un des seuls à avoir un chariot proche de la roulotte, et où se trouvait son matériel. Le chariot était souvent plein à craquer, bocaux, pots, bouteilles, bouquets d’herbes séchées, jarres, caisses, mortier, philtres, bobines de fil, et autres ustensiles. Marban et Miela dormaient parfois dedans quand ils n’avaient pas envie de monter leur tente, mais avec Anya, ils avaient monté la tente tous les soirs. Miela dormait avec leur invité, et Marban dormait au milieu de son lieu de travail.

-Oui, oui ça va. Anya, tu veux dormir ici ou tu veux qu’on essaye de se trouver une vraie chambre ?

Miela avait le secret espoir que la jeune femme choisisse la chambre. En ville, elles pourraient prendre un bain chaud, pas juste une toilette rapide dans le fleuve. La jeune druidesse avait l’impression de coller avec la chaleur et la poussière de la route. Elle devait sentir l’ëarthaë à des lieues à la ronde, et l’odeur de Ricochet n’était pas des plus subtiles. Elle avait aussi envie de manger la spécialité de Mildburg, un ragoût de viande à la sauce brune et épaisse, parfumée par le vin et les aromates, avec des pommes de terre chaudes et moelleuses et des carottes encore croquantes. Elle en salivait d’avance.

-J’aimerai bien manger en ville de toute façon.

-Ma dame a des goûts de luxe, se moqua Marban avant de devenir songeur, quoi que… je n’ai pas mangé à une bonne table depuis Armenelos.

-Hé, dis aussi que je cuisine mal.

-Je dirais que je ne remercierai jamais assez les Dieux de la présence d’Anya, fit-il en joignant un geste de piété à ses paroles. Depuis son arrivée, ma pitance est de mieux en mieux.

Agacée, Miela envoya le tapis de selle plein de poils et de poussières de Ricochet au druide hilare.




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