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 Entrainement et palabres

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Inwë
Samildanach

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♦ Peuple : Elfin, avec des origines un peu mystérieuses.
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MessageSujet: Entrainement et palabres   Lun 21 Mai - 23:56

Inwë se regardait dans le miroir, attentivement, longuement.
Elle effleura du bout des doigts la trace jaunâtre que laissait son coquard à l’œil, qui s’effaçait tout doucement, et qui était déjà bien moins voyant. Tout comme la marque sur son bras s’atténuait, mais elle, elle n’était pas vraiment visible de tous, vu qu’elle portait des manches longues. Elle avait aussi un énorme hématome bien moche, sous son sein gauche qui disparaissait plus lentement encore que son coquard. Le jour qui avait suivi sa dispute avec son frère, ce dernier s’était excusé avant même qu’Apa ne le lui demande. Elle avait sentit qu'il ne les pensait absolument pas, alors elle avait décidé de les refusées, purement et simplement. Il avait grogné, Rhys n'avait rien dit. C'était à elle et elle seule de pardonner ou non à son frère. Elle avait décidé que non, et ne saurait pas si elle le pourrait un jour. Altariel avait tout de même eu ce qu'il voulait, une punition plus légère de la part de leur père. Elle, n'avait rien dit sur les véritables raisons de leur dispute.
Quoi qu’on en dise, c’était toujours son frère, elle n’avait pas dénoncé ses activités à leur père alors qu’elle aurait pu, mais à présent, elle ne ferait plus rien pour le couvrir, elle n’attendrait plus avec de quoi le soigner parce qu’elle savait qu’il s’était blessé. C’était finit, il lui avait bien fait comprendre et elle lui avait montré qu'elle comptait ne plus se mêler de quoi que ce soit.  

Elle avait passé plus de dix jours à se coiffer avec ses cheveux tombants sur l’œil qui portait le coquard, et à faire attention à ne pas relever ses manches, pour éviter qu’on ne remarque. Même si en fait tout le monde l'avait remarqué, que sa soit ses oncles et tantes, ou les hommes d'Uriel, ou les clients de son père, ou quiconque la croisait. Tryrsha l’avait vu, bien sûr, et elle avait eu toute la peine du monde à le calmer pour qu’il n’aille pas rendre la monnaie de sa pièce à Altariel. L’orc avait un peu le sang chaud quelques fois. Elle lui avait expliqué qu’elle avait bien répondu elle-même et qu’elle ne souhaitait pas remuer le couteau dans la plaie. Il avait dit qu’il n’aimait pas du tout le fait qu’elle soit la seule avec des marques visibles et qui avait l’air de s’en vouloir, mais elle lui appela alors les pouvoirs de métamorphe de son frère et son caractère. Inwë avait enchainé en demandant à Tryrsha s’ils ne pourraient pas officialiser leur relation, après tout ça faisait un moment à présent, il faudrait le dire. D’autant que certain de ses oncles et tantes avaient des doutes, ou savait certainement. Ils en parleraient plus tard avait-il dit, pas très sur de lui.
Elle ne savait pas quoi faire de cette réponse, elle espérait qu'il se décide enfin.

L’elfin fit la grimace en se disant qu’elle en aurait encore pour une bonne semaine et demie de marques visibles, au moins. Il fallait qu’elle apprenne des sorts de guérison, ça lui serait utile maintenant et plus tard, lorsqu’elle et Adma voyageraient. Elle pourrait demander aux guérisseurs dans les gardes. Elle grava ça dans un coin de sa tête et ouvrit le pot de pommade, en mit sur un doigt et l’appliqua sur la marque.
Le contact était frais et onctueux, ça lui fit du bien, elle en soupira d'aise. Une fois la pommade absorbée par la peau, elle se dépêcha de finir de s’habiller. Essayer de maquiller la marque ne servirait pas à grand-chose, elle transpirerait plus tard et prendrait une douche. Puis quand elle avait essayé le résultat avait plus donné envie de détailler son visage qu’au naturel, surtout qu'elle n'avait pas du tout l'habitude de se maquiller.  
Un pantalon en toile épaisse et résistante de couleur noire, un haut de la même couleur aux manches courtes et larges, avec en dessous un haut crème aux manches longues plus proches de ses bras. Des protèges poignets en cuir, des coudières et des genouillères du même matériau, et ses cheveux retenus par un bandeau en tissu couvert d’un cuir résistant sur le dessus. Elle était fin prête à aller courir et puis à aller s’entraîner avec Uriel ce matin. Elle enchainerait sur le briquage et l’entretien des armes et de l’armure de son Tonton, continuerai sur un déjeuner tardif chez Fin’ –tardif pour avoir une chance de déjeuner avec Tata Cer’ril et Tata Fin’, qui auraient donc moins de travail- et cet après-midi elle courrait encore un peu, seule, ferait quelques passes, lirait le nouveau numéro du Fol’Fae, elle irait peut-être même regarder les vitrines. Et elle devrait retrouver Tryrsha près des jardins suspendus qui finirait son travail chez le verrier. Ils prendraient peut-être leur premier verre chez Tata Fin’ avec de la chance. Elle croisait les doigts. A la fois pour qu’ils y aillent, mais aussi pour que cette petite officialisation masquée soit bien prise. Il était tout de même plus vieux qu'elle...

Apa était à la porte, entrain de finir de se chausser pour aller travailler, apparemment très motivé à le faire, vu comment il grognait contre ses lacets. Inwë profita du fait qu’il était baissé pour poser sa main sur son dos et se servir de lui comme appuis pour enfiler rapidement ses bottines, puis fit un bisou dans les cheveux blancs.


-A ce soir Apa !

La jumelle souffla un peu de vapeur, preuve qu’il ne faisait pas très chaud, enfin encore moins chaud que d’habitude. Après s’être frottée les mains, elle alla vers l’ilmarin d’Uriel en faisant de petites foulées. Bien lever les genoux pour ne pas trop se fatiguer, respirer au rythme de sa course, réussir à quand même profiter du paysage. Ce n’était pas une course de vitesse, mais de l’endurance, elle pouvait s’échauffer un peu comme ça. Faire sur quelques mètres des talons-fesses pour travailler tous les muscles. Puis repartir sur du levé de genoux.  

Tout doucement elle arriva à la porte de chez Uriel et toqua contre le bois, tout en continuant à faire du sur place, pour ne pas refroidir ses muscles. Lorsque la porte s’ouvrit sur Uriel, elle lui offrit l’un de ses plus radieux sourires matinaux.


-Salut tonton ! Tu es prêt ?
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Uriel Belestari
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MessageSujet: Re: Entrainement et palabres   Ven 7 Sep - 0:10

-Non.

Je regardai Inwë, le regard noir de fatigue après une nuit trop courte, et un réveil bien trop matinal. J’étais à peine habillé, ouvrant à ma nièce, complétement débraillé et les cheveux tombant moitié sur mon visage. Gogram était rentré la veille de la vallée, après y être parti pendant quelques mois, terminant le dressage des poulains nés plus tôt dans l’année. Nos retrouvailles avaient été festives, à tel point que j’en avais oublié l’entrainement d’Inwë. A dire vrai, je m’épuiserai presque avec ces entrainements qu’Inwë prenait très à cœur. J’avais trouvé du temps pour elle, entre mes devoirs de capitaine de la garde d’Aranalda, le quartier de l’Yrealith, et l’absence de Gogram qui m’avait laissé trop de temps libre. Gogram s’absentait régulièrement, généralement pour une des cités de la vallée, quittant Iricht, pour les naissances des poulains au printemps, pour les premiers débourrages, des périodes de dressages, et enfin, la vente ou l’acheminement des montures jusqu’ici, où le maître d’écurie pour qui il travaillait, les louaient ensuite aux voyageurs. Gogram me manquait cruellement pendant ses absences répétées, parfois plus longues que d’autres. Mon ilmarin me paraissait alors bien vide sans lui, et je passais volontiers plus de temps en poste que chez moi. J’avais eu le plus grand mal à accepter ces brèves séparations, mais ne les avais jamais reprochées à mon compagnon. J’étais fier de lui, lui qui avait eu si froid les premiers mois passés dans le Nord, lui qui avait parfois dû s’y reprendre à plusieurs fois avant d’être compris, les mots sortant de sa bouche avec un accent à couper au couteau, qui ressurgissait parfois, lorsqu’il se mettait en colère. Gogram avait pris une place de plus en plus importante dans ma vie, jusqu’à ce que je ne puisse plus imaginer vivre sans lui. Mes habitudes frivoles avaient presque entièrement disparu, et ma réputation d’être volage avait fini par disparaitre. Oh, j’en avais surpris plus d’un, à commencer par moi-même.
J’avais trouvé Gogram en rentrant, ne m’attendant pas à voir les lumières allumées, et mon ilmarin chauffé. Pas de flammes dans les hauteurs de Celebalda, mais un âtre remplir de pierres de feu, gravées de runes, renfermant des élémentaires, brillant de la couleur des flammes et émettant de la chaleur. Nous avions fini emmêlés, et ne m’étais arraché à ses bras que parce que j’avais faim et soif, et qu’il avait fait soudainement plus froid. Je venais à peine d’activer les pierres, dispersées à travers mon humble demeure, de recouvrir Gogram et de m’envelopper d’un plaid en laine douce. J’étais descendu faire bouillir de l’eau et préparer de quoi manger quand on avait frappé. J’avais alors réalisé que j’avais complétement oublié ma nièce.
Inwë était fin prête, vêtue pour la course et pour s’entrainer à quelques prises au corps à corps, mais surtout à manier l’épée. Elle avait fait des progrès fulgurants, et je la laissais s’essayer à manier une véritable lame, bien qu’émoussée, et non plus les armes de bois utilisées pour les débutants. Nos entrainements avaient lieu plusieurs fois par semaine, mais j’avais insisté pour qu’elle continue d’étudier, et avait promis à son père de tout arrêter si les résultats de sa fille pâtissaient de nos exercices martiaux. Inwë ambitionnait d’être une dragonnière, une aventurière, une guerrière accomplie. Elle rêvait de voyages palpitants, et de grands exploits. Je ne pouvais que l’encourager, même si j’avais dû parfois calmer ses ardeurs et ses rêves de grandeurs. Enfin, ces derniers temps, Inwë avait été occupée à batifoler avec un orc, apprenti artisan, du nom de Tryrsha. Ils pensaient probablement être discrets, mais la moitié de la garde de la ville était au courant, et moi-même l’avait rapidement été par extension. Je soupçonnai Rhys d’être vaguement au courant. Finarfin le savait. Il n’y avait rien qui se passa ici que Finarfin ignorait, les nouvelles et les rumeurs finissaient toujours par se frayer un chemin jusqu’à ses oreilles. Et puis il y avait eu les bleus. Rhys avait mentionné une altercation violente entre elle et son jumeau. Elle ne m’en avait pas parlé, alors je n’avais pas posé de questions. Après tout, si elle avait envie de se confier, elle était capable de savoir si elle avait envie de le faire ou non.

-Non, répétais-je avant d’étouffer un éternuement l’air frisquet du petit matin s’engouffrant par la porte ouverte, Gogram est rentré hier.

Inwë était suffisamment adulte pour comprendre ce que cette simple information impliquait. Je n’avais jamais caché la passion presque dévorante que j’éprouvais pour mon compagnon, et je portais fièrement l’anneau à ma main gauche, souriant parfois comme un imbécile heureux en le regardant. Nous n’étions pas unis devant les dieux, mais le symbole comptait tout autant, et était d’égal importance pour nous.
Je frissonnai.

-Il fait trop frai. Cette saloperie de Seigneur de l’Hiver est déjà on dirait. Entre.

Je m’éloignai pour la laisser entrer, lui laissant le soin de refermer la porte derrière elle. La bouilloire sifflait dans la cuisine et je m’empressais d’aller fourrer des feuilles de thé dans une théière et de la remplir. Mon estomac gronda doucement. Nous avions sauté le repas de la veille. Je regrettai d’avoir laissé Inwë entrer, j’aurai pu l’envoyer chercher des petits pains frais. Je haussai les épaules pour moi-même. Tant pis. Je fourrageai dans mes placards à la recherche d’ingrédients pour confectionner un repas décent. Je trouvais de quoi faire des galettes d’avoine à la noisette.

-Tiens, vas donc me ramasser une poignée d’herbes, dans le jardin derrière.

Je n’attendis pas sa réponse pour me mettre au travail, je mélangeai, à l’œil, farine, flocons d’avoine, œufs, sel, et noisettes brisées, avant d’y ajouter les herbes fraîches ciselées. Je confectionnai des boulettes du mélange.

-Tu en veux, ou tu espères encore que je vais faire l’effort de sortir courir ?

Je sortais déjà une poêle en fonte. Il ne me resterait qu’à prendre une généreuse quantité de beurre dans le beurrier, d’aplatir les boulettes et de faire dorer les galettes. Il me restait du fromage frai, cela irait très bien. Je l’examinai d’un œil critique.

-Retire moi tout ce barda et met toi à l’aise


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Inwë
Samildanach

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MessageSujet: Re: Entrainement et palabres   Sam 8 Sep - 17:40

Inwë s'était arrêté net de courir sur place quand elle avait vu son oncle enrobé dans un plaid, la mine peu radieuse et échevelé. Son oncle fantasque avait aussi une mine à faire peur, il devait s'être couché bien tard après sa journée de travail hier. Quand il lui expliqua un peu plus en détail pourquoi il n'était pas prêt, l'elfin eut un large sourire, et un peu de rose aux joues elle devait l'admettre.

-Oh.

Elle saisissait parfaitement ce que cela impliquait. Tonton Uriel et Tonton Gogram avaient passés tout les deux une nuit plus qu'endiablée à fêter leur retrouvailles. D'où la mine fatigué d'Uriel qui venait soit d'être réveillé par elle, ou par la faim. Elle eut un léger soupir. Pas d'entraînement ce matin, c'était fichu. Dommage. Mais elle était contente que Gorgam soit rentré, elle voyait bien que ses absences chagrinaient le garde, il était un peu plus bougon, plus triste dans sa manière d'être. Quand elle le vit frissonner, elle se rappela que si elle était habillée et réchauffée par sa course jusqu'ici, son oncle n'était qu'en plaid. Elle entra rapidement son son ordre et ferma la porte.
Elle prit le soin de retirer ses chaussures avant de suivre son oncle, elle n'allait pas salir tout son intérieur.

Un petit mouvement de main et elle amplifia la chaleur dans l'air d'un courant d'air bien chaud, aidant les pierres qui venaient d'être allumer et réchauffant son oncle en passant. Inwë se posa alors sur un siège. Elle considérait l'ilmarin d'Uriel et de Gogram comme une seconde maison, elle y venait depuis tant d'années. Elle considérait aussi l'auberge de Tonton Fin' et tata Cer'ril comme une seconde maison. En y réfléchissant, même la boutique de tonton Nef' était un lieu dans lequel elle aimait être et dans lequel elle se sentait en sécurité. Même si son oncle Nefbelethiel était assez, spécial parfois.
Mais que dire des autres alors : Cer'ril ressemblait à une femme et avait un oeil en moins habillement caché par des bandeaux colorés, Uriel était un personnage haut en couleur, Finarfin avait fait le tour du monde et savait tout, Gogram se changeait en panthère et avait un accent amusant, son père était borgne, n'était pas son père biologique, et avait cette aura étrange, son frère changeait de tête quand il le souhaitait...
Penser à sa famille lui gonfla le cœur d'amour et de fierté.

Elle les aimait tous très fort, même si elle en voulait toujours à Altariel.


-Tiens, vas donc me ramasser une poignée d’herbes, dans le jardin derrière.

Elle ne bougea pas de la chaise sur laquelle elle se trouvait. Son ombre ouvrit très légèrement la porte fenêtre menant au jardin et revint avec les herbes demandées par son oncle, les posant près d'Uriel qui mélangeait ses ingrédients. C'est sûrement la faim qui l'a tiré du lit du coup et pas moi, songea-t-elle. Inwë en ressentit un léger soulagement, elle s'en serait un peu voulu de l'avoir tiré du lit, même si leur entrainement était prévu et qu'en temps normal lui même n'appréciait pas les retards.
Un léger rire s'échappa.

-J'ai laissé tombé cet espoir dès que tu as dit "Gorgam". Et je ne dit jamais non à tes galettes aux noisettes ! Ou à de la nourriture en règle générale !

Heureusement qu'elle s'entrainait tout les jours sans compter ses efforts, vu ce qu'elle pouvait manger en une journée, elle serait réduite à l'état d'un tonneau elfique à rouler. Elle se releva et retira alors ses protections, laissant son ombre les ranger auprès de ses chaussures. Elle retira le bandeau dans ses cheveux et prit le temps de les arranger pour qu'ils ne restent pas dans une position bizarre, grimaçant encore une fois en voyant l'état de son œil. Elle essaya quelques secondes de le faire disparaître, essayant de faire appel à une magie de métamorphose, mais n'y parvint pas. Ça n'était pas juste que seul Altariel sache le faire...

-Je ne sais pas si vous avez prit le temps de discuter hier, mais est-ce que le travail de Gogram s'est bien passé ? Les chevaux n'ont pas été trop difficiles à acheminer ?




I'm delicate, sweet and fragile. But it doesn't mean I can't hit you.
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Uriel Belestari
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MessageSujet: Re: Entrainement et palabres   Sam 29 Sep - 17:33

Je gardai un œil sur la généreuse quantité de beurre frai que je venais de jeter dans la poêle. Je bougeai légèrement le poignet, laissant le morceau glisser, étalant du beurre partout. Un doux grésillement emplit la pièce, et l’odeur commença à monter à mes narines. Je plaçai plusieurs galettes dedans, et m’emparait d’une spatule de bois pour pouvoir les retourner. Je tournais le dos à ma chère nièce, qui se mit à l’aise, comme je lui avais suggéré. Son ombre la débarrassa des protections de cuir qu’elle portait, tout comme son ombre avait été celle qui avait pris les herbes dans le jardin.
Les ombres des jumeaux avaient parfois été source de tracas pour leur père. Quand Inwë et Altariel étaient encore de jeunes enfants, leurs ombres, souvent indépendantes, avaient joué des farces de plus ou moins bon goût à leur entourage ou même à l’école. Je me souvenais encore de la fois où elles avaient décidé que repeindre la salle de maîtresse Teliren était une bonne idée, et que les murs avaient été couvert de peintures de couleur différentes. Rhys s’était excusé platement. Le pire ayant été les croche-pattes, les objets cachés, de façon régulière, jusqu’à ce que je doive expliquer que tout ceci relevait de la loi, et qu’ils pouvaient aller en prison. Je me souvenais encore de l’air horrifié des jumeaux sous la menace, avant de, très sérieux, ils promettent de ne plus faire ce genre de bêtises. Ils en avaient fait d’autres. Curieusement, il n’y avait eu qu’un lieu qui n’avait jamais eu à subir leurs farces, c’était l’auberge de Fin. Mais ce vieux renard chantant les avait toujours achetés à coup de pâtisserie et de chocolat chaud. En parlant de chocolat chaud…

-Tu veux du thé, ou du chocolat ? Je crois qu’il en reste encore. Si non, tu peux retirer l’infuseur de la théière ? J’ai pas envie d’avoir du thé corsé et amer.

Je retournais la première poêlée de galettes, les laissant brunir. La question d’Inwë me fit rire. Je me tournais légèrement vers elle, l’œil rieur.

-Comme c’est bien dit. Oui avant de nous jeter l’un sur l’autre, nous avons pu parler.

Je me déplaçai pour sortir trois tasses, trois petites assiettes et laissai Inwë prendre les couverts. Elle avait l’habitude des repas ici, ce n’était pas la première fois qu’elle mangeait chez moi. Elle et son frère connaissaient ma maison par cœur. Ils y avaient vécu un temps avec leur père, à leur arrivée, le temps que Rhys puisse aménager l’ilmarin au-dessus de la forge.  Je ne pouvais pas dire que je n’avais pas été soulagé de retrouver mon intimité après leur départ.

-Pas de problème particulier pour amener les jeunes nés au printemps jusqu’ici. J’imagine qu’ils seront vendus lors de la foire au moment de la fête d’Adaron.

La fête d’Adaron durait deux semaines, marquée par le dernier jour de l’automne et la célébration du dieu, entre les deux semaines. Des marchands descendaient du Nord ou remontaient du Sud pour gagner Celebalda, et dans leur sillage arrivaient nombres de voyageurs venus spécialement pour la foire. Une seconde ville de tentes poussait autour de la capitale, tandis que les rues de celles-ci s’emplissaient d’une foule compacte là où surgissaient des étals. La garde avait généralement fort à faire durant ces deux semaines. La foire durait tout le temps des festivités, on y concluait de nombreux marchés, échangeaient des promesses, et surtout, les laines et tissus teintés des Norrois, les récoltes de la vallée, le bétail, tout était vendu, échangés. En sus de la foire, des festivités allaient bon train, les cheminants envahissants les places et les rues avec leurs spectacles, et les nobles maisons s’adonnaient à des tournois, faisant démonstration de leur habileté et de leur force. C’était aussi l’occasion de vols, de tromperies, et de disputes mesquines. La garde terminait généralement sur les rotules après l’événement. Et Celebalda semblait alors étrangement silencieuse une fois marchands, cheminants et visiteurs repartis. L’hiver venait ensuite, et les habitants de la capitale sortaient les fourrures pour se préserver du froid.

-Les pluies les ont épargnés, et ils sont arrivés plus tôt. Ils ont traversé le lac hier. J’ai trouvé Gogram en rentrant. Je ne l’attendai pas avant plusieurs jours.

Je déposais les galettes brunes et craquantes, luisantes de beurre, dans une assiette. Je rajoutai du beurre et mis la deuxième pôelée en route. Les odeurs firent gronder mon estomac de plus belle, mais le bruit de la cuisson couvrit les protestations de mon ventre.

-Tu veux bien jeter ce sort bien pratique pour les garder chaudes ? Gogram sait le faire, mais pas moi, et je n’ai pas allumé le four, demandai-je avant de reprendre le fil de la conversation, j’ai été un peu surpris de trouver les lumières allumées hier soir et de le trouver assis dans le canapé. Evidemment, je me suis fait un peu engueuler pour avoir laissé la maison devenir si froide. Mais…

Je haussai les épaules.

-Les matins sont glacés, mais ça se réchauffe dès midi. Avant de refroidir. Même après toutes ces années, il reste encore frileux.

Gogram venait du Sud, et si son accent s’entendait à peine, quand il parlait vite ou s’énervait, il ressortait aussi puissant que lorsque je l’avais rencontré pour la première fois. J’eus un sourire pour moi-même en repensant à notre première rencontre à Athratil.

-Tu noteras qu’il a encore acheté un plaid.

Je pointai du pouce le canapé du salon, visible depuis l’ouverture en arche de la cuisine. Sur le canapé garni de coussins, se trouvaient déjà trois plaids, auxquels s’ajoutaient un quatrième, écru avec des motifs bruns typiques des irichtanis.

Je retournais les dernières galettes.

-Tu pourrais lui demander de t’emmener avec lui la prochaine fois qu’il part pour la vallée, si tu veux commencer à voir autre chose que les géants gris de Celebalda. Et ce n’est pas si loin. Je crois que ton père n’y verrait pas d’inconvénients. Je pourrais intercéder en ta faveur.

Je déposais l’assiette de galettes sur la table et sortait le pot de fromage frai, mélange de lait d’ëarthaë, de lait de vache et lait de brebis. Il formait de petites boules agglomérées, qui devenaient sèches et jaunes quand il forcissait. Pour l’instant, il s’étalerait dans problème sur les galettes. Je m’attablai, impatient d’avaler quelque chose de chaud et de nourrissant.

-Ma cuisine ne vaut peut-être pas celle de Fin ou de Frarn, tu me pardonneras ?

Frarn était le cuisinier humain d'une timidité maladive qui travaillait chez Finarfin, soulageant ce dernier de ses devoirs de cuisinier. Quand l’elfe avait ouvert son affaire, il courrait partout, faisant presque tout, tout seul. Rhys lui avait parfois donné un coup de main. Et puis, l’ancien barde avait fini par s’entourer, comme il savait le faire, d’une petite équipe qui fonctionnait parfaitement. Je tartinai généreusement une des galettes, faisant ensuite glisser le pot de fromage vers Inwë.

-Dis moi, ton père et Fin, ils ne se parlent toujours pas ?

Je découpai un morceau de la galette, trop chaude pour être mangée avec les doigts, et enfournai le tout, mâchant allégrement. Je m’appuyai contre le dossier de ma chaise, soupirant d’aise. Mon estomac cessa alors ses appels de détresse. J’étais satisfait.


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