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 Repos de courte durée

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Tale
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♦ Peuple : Être Artificiel
Nombre de messages : 47

MessageSujet: Repos de courte durée   Sam 19 Mai - 3:28

Lorsqu'il était au laboratoire, Tale n'avait jamais connu de véritable fatigue physique. Il avait certes eut des tests physiques, quelque fois des journées très longues remplies de ces tests ou des journées pendant lesquelles les de travaux du laboratoire étaient durs et très stressant. Et à la fin de ces journées avait senti ses muscles un peu tirés et ayant besoin de se reposer. Mais rien de comparable avec ce qu'il ressentait actuellement. Ses muscles le tiraient, chacun d'entre eux. Sa nuque et ses épaules étaient raides, ses pieds douloureux à chaque pas, ses mollets et cuisses durs et parcours régulièrement par des sensations de crampes. Même ses mains le faisait souffrir, il utilisait son pouvoir tellement souvent qu'il commençait à ne plus avoir besoin de ses gants quand il faisait une vérification rapide, mais ça lui faisait une sensation désagréable qui ne partait pas rapidement.

Quand ils étaient sortis des mines pour atterrir dans des plaines sans véritable abri, Balafre lui avait déjà expliqué vouloir éviter les troupes militaire pouvant patrouiller dans les environs. C'était une question de vie ou de mort selon lui. Alors ils avaient du redoubler de prudence, marcher vite, enfin quand ils avaient repris la route. Avant de le faire Tale avait du -de nouveau- recoudre des plaies internes et les plaies externes de Nemu suite à la remontée. Ses gémissements avaient été causé par ces réouvertures. Il l'avait réveillée pour qu'elle boive, il le fallait. Il lui avait donné des antalgiques en prévision, sans mana cette fois, pour ménager son cœur. Puis ils étaient repartit, la magicienne blessée sur le dos de Balafre, et les sacs sur son dos à lui. Les pauses avaient été par la suite plus rare que dans les mines, le métissé Orc voulant qu'ils trouvent un abri avant de pouvoir prendre le temps de se reposer, il ne fallait pas être vu. Tale avait protesté comme il l'avait fait lors de leur premier départ, celui de Vashundara. Nemu avait besoin de pauses régulières, longues, qu'il puisse l'examiner profondément pour être certain que tout allait bien, pour la soigner. Mais Balafre avait été ferme, il fallait vraiment avancer, il faudrait qu'elle tienne le coup parce qu'ils ne pouvaient pas se permettre de se faire prendre. S’ils se faisaient prendre, autant mourir directement avait-il dit, lui comme elle. L'Expérience elle aussi ferait mieux de mourir dans ce cas là, les troupes militaire de l'Empire ne ferait pas la différence entre les légionnaires et lui. Alors, comme pour le premier départ, il n'avait plus rien dit face aux arguments avancés. Le métissé Orc le laissait prendre son temps quand un abri s'offrait à eux sans se plaindre de la longueur ou si Tale avait besoin qu'il fasse quelque chose, mais dès qu'ils le quittaient et n'en trouvait pas de nouveau, l'avancement de leur périple primait sur le reste.

Durant leur marche, il avait plu. Et plus d'une fois. Ils avaient protégés comme ils pouvaient la blessée des éléments, mais n'avaient pas pu lui éviter complètement d'être mouillée. Tale n'avait pas forcément apprécié lui même d'être trempé et cette sensation était restée aussi longtemps que la pluie au lieu de passer comme d'habitude. C'était une sensation assez étrange mais il n'en parla pas avec Balafre. Il parlait de ce genre de choses avec les professeurs quand ça lui arrivait en temps normal, il n'en avait encore jamais parlé avec d'autres personnes. Il faudrait qu'il le fasse. En tout les cas, ça n'avait pas affecté son humeur immédiate. Il avait obtenu de pouvoir vérifier l'état de Nemu comme s'ils avaient un abri à chaque fin d'averse.
Il la sentait plus faible que dans les mines. Son état en soit semblait stable, son bras ne subissait pas d'infection, il y avait même quelques tissus qui se formaient. Mis à part les quelques plaies qui s'étaient ré-ouvertes, il n'y avait rien de réellement visible, mais son corps était épuisé, il avait de la peine à se remettre et le fait de voyager n'aidait pas.
Ils avaient mis près de quatre longs jours de marche soutenue pour arriver dans les alentours de Qungorim. Ils avaient mis une journée de plus avant de trouver où se loger pour quelques temps. C'était dans les ruines d'un village, envahies par la végétation. Balafre avait fait attention tout d'abord à ce qu'aucun animal dangereux n'ait fait sa tanière.

Ils avaient fait un feu. Leur vêtements séchaient doucement, les sacs aussi.
Tale portait ses gants et laissait  ses filaments de mana sonder doucement le corps de Nemu. Il s'attardait sur ses blessures internes, et sur son cœur qu'il sentait faiblir. Ca n'était pas quelque chose de brusque, il faiblissait légèrement de jour en jour, fatigué, épuisé. C'était l'état général dans lequel se trouvait la magicienne. Son corps devait trop gérer de choses pour ne pas se sentir débordé. Les doses de mana qu'il lui faisait boire l'aidait à guérir, mais ça n'empêchait pas le cœur de faiblir, il lui fallait une injection d'adrénaline, et le fait qu'elle ne se nourrisse pas beaucoup parce qu'elle ne le pouvait pas...
Plus son examen se faisait, plus il sentait son propre cœur battre plus vite jusque dans ses oreilles. Son "sang" semblait aussi chauffer.
Il savait parfaitement ce qu'il fallait faire pour soigner dans de bonnes conditions sa patiente. Il savait ce dont il avait besoin, mais à cause des troupes militaires ils ne pouvaient pas lui fournir. Balafre bougea, sûrement pour voir l'état des vêtements qu'ils avaient mis près du feu.
Tale rentra ses filaments et se redressa d'un coup, se retournant vers le métissé Orc, et criant .



-Ça n'est plus possible ! Je ne peux pas continuer à la soigner comme ça, dans ces conditions ! Il me faut du matériel médical ! Une table de travail stérilisée, des instruments de mesure, d'autres médicaments que des antalgiques ! Des compresses stérile, des onguents, de crèmes ! Ça m'énerve, ça. n'est pas possible ! Elle a besoin de glucose, de plasma, de sang, d'adrénaline ! Son cœur devient faible et malgré tout ce que je peux faire ça ne s'améliore pas, ça reste juste relativement stable mais ça se dégrade tout doucement je le sens à chaque fois.

Il se sentait bouillir de l'intérieur sans pouvoir faire autre chose qu'agiter les bras pendant qu'il cirait. Il marchait aussi, comme ci s'agiter pouvait évacuer ce qu'il ressentait, faire partir cette impression de ne rien pouvoir faire alors qu'il pourrait s'il avait tout ce qu'il lui fallait. Balafre le regardait avec des yeux surpris.

-Qu'est-ce qu'on s'en fiche des forces armées qui peuvent nous voir ?! Ils voient des gens passer tout les jours, pourquoi nous ce serait directement indiqué Légion de Cemenwin sur vos fronts ?! Pour Nemu il suffit de dire qu'un animal l'a attaquée ! Qu'on voyage parce que, parce que les gens voyagent voilà ! On a le droit non !? Il nous faut aller dans une ville, il nous faut un minimum de matériel, que les troupes aillent voir ailleurs ! Au moins celui d'un soigneur si il n'y a pas de laboratoire ! Je. ne. peux. pas. faire. mieux. sans. matériel !

Il frappait des poings dans les airs, ponctuant chacun de ses mots, les soulignant. Il agissait, d'une certaine manière, instinctivement. C'était justifié à ce moment d'agir ainsi. De toute manière même si ça n'était pas le cas, il s'en fichait, il faisait ce qu'il voulait et il était prêt à le dire si besoin. Ses traits étaient froncés, furieux.

-Et je n'ai jamais ressentit autant mes muscles, ils me tirent, ils me font mal, mes pieds souffrent c'est... J'ai horreur de cette sensation, et j'ai horreur de la pluie, je hais la pluie ! Pourquoi faut-il qu'il pleuve quand on est en dehors de ces mines sombres et humides ?! Mes cheveux sont trempés, mes vêtement sont lourds, les sacs sont lourds et encombrants en plus ! Et je veux un lit, un vrai lit, j'aimais mon lit au laboratoire, mais je peux plus y aller à cause de ce...ce...

Il cherchait des mots à mettre sur ce qu'il ressentait, sur ce qu'il pensait. Ses mains passaient dans ses cheveux alors qu'il cherchait des mots péjoratifs forts, mais tout ce qui lui venait en tête étaient des termes qu'il avait entendu au laboratoire.

-Staphylocoque, de salmonelle, ce plasmodium, de...

La bordée de jurons qu'avait sortit Balafre lors de leur première rencontre lui revint en mémoire. Le guerrier était dans un état très semblable au sien, alors les termes qu'il avait lancé étaient sûrement approprié, surtout qu'ils concernaient la même personne.

-De putain de merde de saloperie de passe muraille de mes couilles !

Un dernier souffle chaud, et tout passa.
Il ne se sentait plus bouillir de l'intérieur. Son cœur avait reprit un rythme tout à fait normal. Les raisons qui l'avaient mis dans cet état n'avaient pas disparues, mais elles ne lui inspirait plus ce bouillonnement cette impuissance, cette envie de crier et de se faire entendre plus fort. Son agitation physique s'arrêta aussi, son visage redevint impassible et il se tourna simplement vers Nemu pour poser une main sur son cou, l'autre sur son front. Une légère fièvre trainait depuis quelques temps, pas assez forte pour être dangereuse pour le moment, mais le fait qu'elle ne parte pas corrélait avec la faiblesse physique de la magicienne.
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Balafre
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♦ Peuple : Métisse : mi-orc mi-humain.
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MessageSujet: Re: Repos de courte durée   Sam 16 Juin - 17:20

Traverser les mines et en sortir avaient été le plus facile. La traversée de la zone désertique et sauvage qui matérialisait la frontière entre l’Empire de Morna et Cyriaca dura quatre jours et fut un calvaire. Y trouver un abri relevait du miracle, on ne rencontrait que peu de ruines, certaines si anciennes, qu’elles ressemblaient plutôt à des chicots pourris, résistants encore dans une bouche édentée. La végétation n’aidait pas non plus, les buissons étaient épineux, quand ils n’étaient pas simplement des amas de ronces. L’herbe était sèche et jaune, cassante, parfois haute jusqu’aux genoux du Semi-Orc, rendant leur progression difficile. Balafre faisait ce qu’il pouvait pour ménager Nemu, et garder un œil sur les alentours et Tale. Il ne croyait pas que le Farfadet allait leur fausser compagnie, il aurait pu le faire depuis longtemps. Mais ils s’éloignaient parfois du cap qu’ils avaient à tenir pour atteindre Qungorim et sa région, et Balafre devait réajuster leur trajectoire. Leurs pauses étaient brèves, à peine quelques heures de sommeil, même le Farfadet qui ne mangeait pas et ne dormait que peu, fermait les yeux, cédant à l’épuisement. Leurs échanges se limitaient à quelques phrases, pas de grande conversation entre eux. Chacun devant garder sa concentration et économiser son énergie pour avancer efficacement. Le terrain trompeur, faussement plat, s’étendait à perte de vue, mais les herbes hautes et les ronces dissimulaient les aspérités du sol, si bien que le manque d’attention pouvait causer une chute. Et ce n’était pas le moment de chuter. Pas maintenant. La moindre chute saperait le peu de moral qui leur restait. Tale n’était pas le seul à être épuisé, et Balafre se demandait aussi ce que foutait la légion. Ni lui ni Nemu n’avait pris contact avec eux depuis trop longtemps maintenant. Les espions de Cemenwin devaient les chercher. Du moins, il l’espérait. Il espérait aussi trouver son contact pour pouvoir enfin se reposer, en sécurité. Le Semi-Orc osait à peine se l’avouer, mais leur confrontation avec le Passe-Muraille l’avait secoué. L’état de Nemu l’avait ébranlé. Il avait rarement vu blessure aussi vicieuse. La vision du bras de la Magicienne, ressortant du mur complétement écorché, resterait gravée dans sa mémoire. La peau avait entièrement disparue de l’épaule à la main. Sans compter les lacérations à l’arme blanche dans les flancs. Tale ne semblait pas alarmiste concernant Nemu, mais il n’était pas d’un optimisme défiant toute confiance. Le Farfadet palpait la magicienne à chacune de leur halte, la faisant boire et manger la soupe diluée dans de l’eau tiède que Balafre préparait. Coté repas, il n’était pas vraiment mieux loti, et il préférait rationner leurs provisions pour le cas où son plan ne fonctionnerait pas. Balafre en plus de la soupe, pouvait mâchonner de la viande séchée et du pain de voyage qui durcissait à mesure de leur périple.
La foutue pluie qui leur tombait sur le coin de la gueule depuis leur deuxième jour de marche ne contribuait pas à faire de ce voyage une sinécure. Balafre avait l’impression de pouvoir nager dans ses bottes, qui s’enfonçaient à présent dans une terre boueuse, et se retrouvaient avec des brins d’herbes collés partout. Ses vêtements le démangeaient et les insectes s’en donnaient aussi à cœur joie. Il avait couvert Nemu de sa cape, pour tenter de la préserver des intempéries. Peine perdue. Au sortir des mines, faire du feu était inconcevable, la terre était trop dure pour creuse une fosse qui leur aurait permise de rester discrets, et Balafre ne disposait pas d’outil pour le faire, et trouver des combustibles efficaces était chose rare. A présent, la terre était détrempée et de même que le moindre morceau de buisson suffisamment gros pour alimenter un feu. Tale s’inquiétait de l’état de santé de Nemu, Balafre aussi, mais il ne pouvait se permettre de se laisser aller, il devait continuer. Son objectif était simple : gagner un des villages proche de la ville de Qidong, à quelques lieues à l’Est de Qungorim, tout en contournant la cité fortifiée de suffisamment loin. Avec un équipage pareil, ce serait trop facile d’attirer l’attention s’ils rencontraient une patrouille.

Au quatrième jour, au soir tombant, il venait de gagner l’Empire. Ils passèrent leur première soirée, cachés par les restes de ce qui avaient dû être un poste de garde ou un relais sur une route impériale à présent à moitié disparue, datant de l’époque où l’Empire possédait les Gorges et Vasundhara et dont on pouvait parfois sentir les pavés sur les herbes folles. Balafre ne se risqua pas à faire de feu, pas encore, pas si proche de la frontière. Ils ne rencontrèrent ni n’entendirent de troupe passer. Quand les légions se déplaçaient ici, elles le faisaient en nombre, pour le cas où elles croiseraient un détachement du Bahram. La pluie tombait toujours au réveil de Balafre, et le Farfadet avait la mine sombre après avoir examiné Nemu. Le Farfadet avait souvent réclamé qu’ils s’arrêtent, qu’ils prennent du repos. Mais Balafre avait toujours refusé. Il leur fallait avancer. Une nouvelle fois, ils plièrent bagage, et reprirent leur marche, sous une pluie fine.
En milieu de matinée, ils durent s’abriter sur un arbre tordu et solitaire, ressemblait à un cadavre grotesque, lorsque la pluie la fine se mua en une pluie drue et froide. Ils reprirent la route, moins trempés que s’ils avaient marché dessous, mais Balafre n’en pouvait plus de toute cette eau. Ils firent une brève halte juste après midi, le temps que le Semi-Orc et Nemu avalent quelque chose. Tale ne fit aucun commentaire, mais Balafre vit encore une fois qu’il s’inquiétait et que ce voyage aux allures de désespoir l’irritait autant qu’il le fatiguait. Ils poursuivirent néanmoins leur route, et le paysage changeant progressivement au cours de l’après-midi. Les herbes cassantes, sèches et jaunes laissèrent la place à des herbes souples et vertes, pliant sous le vent alors que la pluie se muait en crachin. Le sol restait meuble et glissant, et les seules traces de vie fut un troupeau de reiths sauvages qui passa au loin. La lumière baissait quand Balafre pointa du doigt un amas de ruine.

***

Ils eurent de la chance. Les ruines qui se dressèrent dans leur champ de vision et qu’ils gagnèrent avant la tombée de la nuit, dataient seulement des dernières guerres. Probablement celle de Lys. Les maisons étaient de style mornien, probablement abandonnées quand la nouvelle de l’avancée du Bahram pour reprendre les gorges étaient parvenues aux oreilles des habitants. Ou pour éviter se retrouver pris entre les légions impériales et l’armée cyriacanne. Pour échapper aux pillages, aux ravages de la guerre. Le village était petit, autour, les souches d’arbres abattus, aux troncs pourrissants, creux, marquaient la zone comme les balafres son visage. Ils entrèrent dans la carcasse du village, envahi par la végétation, les volets pendaient des fenêtres, d’autres étaient barrées de planches, ça et là, le toit d’une bâtisse s’était effondré, les portes béaient sur du vide, ou bien les ronces en sortaient, comme une créature des profondeurs cherchant à s’extirper de ses abysses. A la lumière du soir tombant, l’endroit n’avait rien d’accueillant. Il le serait encore moins durant la nuit. Il leur fallut quelques minutes d’exploration avant de trouver un logement pour la nuit, choisissant une masure moins abîmée que les autres. Balafre s’était assuré qu’aucun animal n’ait élu domicile à l’intérieur avant d’y entrer avec Tale et Nemu. La masure en question était probablement une dépendance, composée d’une seule et unique pièce, avec un étage au plancher de bois auquel on accédait par une échelle de meunier branlante. Le toit était troué par endroit, mais le bois du plafond semblait solide et offrait un abri sûr contre la pluie. Alors Balafre se secoua, la perspective de dormir au sec lui offrant un regain d’énergie. Il laissa Tale seul pour veiller sur Nemu, tandis qu’il explorait les autres maisons, chassant quelques rongeurs sur son passage.
Le village avait été pillé, dépouillé. Après avoir repéré le puit, et constant qu’il n’avait pas été scellé, Balafre acheva le pillage commencé des années auparavant. Il ramassa des morceaux de bois ayant autrefois formé des meubles, arracha ce qui restaient de vieilles tentures, et pris deux vieux pots en terre cuite qui n’avaient pas été brisés. Il revint avec son butin, déposant le tout. Le plus urgent était de faire sécher leurs affaires, aussi entreprit-il d’allumer un feu. Emmenant Tale avec lui, ils n’eurent qu’à se pencher pour ramasser des morceaux de pierre provenant de décombres voisins. Ils formèrent un cercle avec, et Balafre empila du petit bois et fouilla dans son sac pour y trouver de l’amadou et un briquet, soigneusement préservés de l’humidité dans une boite en corne. Il se servit en suite de l’amadou, dont il déposa quelques brins sur le tas, avant de l’enflammer avec son briquet, soufflant en suite dessus pour le feu prenne. Il dut s’y reprendre à deux fois avant que la flamme ne prenne. Tale et lui retournèrent encore une fois dehors, pour prendre de larges feuilles de fougères et les étaler sur le sol pour en faire un lit pour la magicienne. Balafre et Tale la débarrassèrent de ses vêtements, les mettant à sécher. Une fois cela fait, Balafre contempla leur campement de fortune.

-Je dois retourner chercher de plus gros morceaux si on veut que ça tienne toute la nuit, fit-il après un bref instant de réflexion, et j’ai vu un puit, je reviens. Essaye d’accrocher ça devant les ouvertures pour éviter qu’on ne voie la lumière.

Balafre ne pensait pas qu’on viendrait les chercher jusqu’ici, mais il préférait éviter d’éveiller la curiosité de troupe ou de voyageurs passant à proximité. Il désigna d’un bref mouvement de l’index le tas de tissus posés au sol, avant de sortir à nouveau. Il fit plusieurs allées et venues portant du bois, que ce soit de nouveau morceaux de meubles à la peinture ou au vernis écaillés, que des morceaux de bois provenant de volets, de portes… et même plusieurs de linteaux de porte ou de poutre. Lorsqu’il jugea en avoir suffisamment pour passer la nuit, alors que dehors, il commençait à faire franchement nuit, il mit plusieurs longues minutes à trouver de quoi puiser de l’eau. Il dut puiser une première fois et nettoyer le seau avec l’eau qu’il venait de remonter, la jeter, et recommencer. Il revint avec un seau plein. Balafre s’occupa en suite de faire bouillir de l’eau et de préparer du thé brûlant et de la bouillie de riz. Le Semi-orc se débarrassa en suite de ses vêtements trempés et collants à sa peau, ne gardant rien, et n’ayant pas grand-chose à faire de la pudeur.
Alors qu’il remuait prudemment la bouillie de riz avec une longue et solide brindille, Tale, qui examinait Nemu se redressa, se tourna vers lui. Et Balafre interrompit son geste, alors que le Farfadet explosait. Surpris, le Semi-Orc nu et brindille à la main, cligna des yeux, alors que la colère sortait de la bouche de Tale comme un ouragan. Il s’agitait même, jetant sa colère contre leur situation, l’état de la magicienne et finalement, ce fut un chapelet de jurons qui termina sa diatribe en beauté, visant le Passe-Muraille. Puis l’ouragan passa et Tale devint si immobile et calme que Balafre ne put s’empêcher d’éclater d’un rire tonitruant, se tenant les côtes.

-Par les tétons de Siavash ! J’avais pas ri comme ça depuis longtemps. Mais si non, c’est bon ? T’as fini ou … ?

Balafre essuya une larme perlant au coin de son œil, remuant une dernière fois ce qui deviendrait une vraie bouillie de riz, que Nemu pourrait manger. Reprenant son sérieux, le légionnaire se servit du thé.

-Tu en veux ? Je sais que tu manges pas et que tu bois pas comme nous, mais ça te réchauffera. Et t’inquiète princesse, tu finiras par sécher.

Il prit le temps d’avaler une gorgée de thé brulante.

-Je te garantis pas qu’on trouvera ton matériel à Qidong, probablement pas même. Mais on y trouvera certainement un guérisseur, le genre qui utilise la magie, pour l’aider. Et on pourra y rester plusieurs jours, le temps qu’elle aille un peu mieux. D’ailleurs, quand ce sera prêt, il faudra qu’on la réveille un peu, qu’elle puisse en manger.

Il tapa sur le pot en terre où le riz cuisait au point de devenir une bouillie informe mais réconfortante, dans laquelle il avait jeté des morceaux de viande séchée pour la saler et lui donner un peu de goût. S’il avait eu plus de temps, il aurait pu fouiner pour voir s’il n’y avait pas des herbes aromatiques dans le coin, ou même des jeunes orties. Il aurait pu poser des collets pour attraper des rongeurs, mais il n’avait pas de matériel pour ce faire.

-Bien sûr que les gens voyagent, reprit-il cette fois totalement sérieux, mais pas par ici, les gens voyagent sur les routes, pas dans ce genre de zone. Y’a que ceux qui ont des choses à cacher ou à se reprocher qui évitent les routes. Et non, y’a pas marqué légion noire sur nos fronts, mais je sais pas jusqu’où va l’influence de la saloperie de merde de Passe-Muraille de mes couilles. Je préfère éviter qu’on nous pose des questions. Y’aurait qu’une abomination pour faire ce genre de blessure, un animal, ça donne pas de coup de couteau, et ça n’écorche pas la peau.

Balafre trempa un doigt dans la troisième tasse de thé.

-Elle devrait pouvoir boire ça, c’est plus bouillant.

Le grand semi-orc se déplaça jusqu’à la magicienne, tendant le gobelet en fer à Tale, et souleva légèrement la tête de la magicienne. Celle-ci était si pâle, ses cheveux collants et sales, Balafre songea qu’un bain ne leur ferait pas de mal, à tous. Son bras était encore dans un piteux état, les plaies au couteau guérissaient, sans suppurer.

-Demain quand il fera jours, je pourrais regarder pour trouver des plantes médicinales. Si cela peut l’aider. Et pour le reste, le village que je cherche se trouve près de la ville de Qidong, à l’Est de Qungorim. Si j’me trompe pas, on devrait pouvoir y être d’ici deux à trois jours, si nous tenons le même rythme.

Balafre soupira.

-L’endroit à l’air désert. S’il pleut encore demain, nous passeront la journée ici. Je devrais pouvoir fabriquer des collets ou des pièges, c’est plein de rongeurs ici. Si je cuis la viande, nous en aurons pour le reste du trajet.



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