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 Verger ensoleillé

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Araal Nerevar Vanarden

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♦ Peuple : Drow, Galaedoran, mais Falastois d'adoption
♦ Métiers : Soldat de carrière
♦ Armée/Guilde/Institution : Griffons d'Argent de Fainros
♦ Grade : Général
♦ Localisation en Inwilis : Veillant sur Densham
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MessageSujet: Verger ensoleillé   Dim 25 Juin - 0:37

La capitale était enfin derrière eux. Depuis l'ancien quartier de la place des Trois Griffons, ils survolèrent le reste de la vieille ville, gagnant les remparts, montant en altitude, franchissant en suite les limites de la capitale. A l'extérieur des remparts, les tentes de camps formaient des ronds de couleurs, et les toitures de quelques masures se développant près des champs des rectangles. Araal laissa Tëhernëtar les éloigner encore un peu, dévoilant des champs à perte de vue, des fermes, dont certaines étaient ceintes d'épais et hauts murs - Araal les connaissaient pour avoir souvent patrouiller dans les alentours, et dans tout le domaine appartenant à la couronne autour de Fainros - des vergers et quelques étangs entourés de bosquets.
Sur une légère contraction des genoux d'Araal, le griffon qui chevauchait un courant aérien, bifurqua légèrement vers l'Ouest, là où le terrain plat s'élevait peu à peu en rondes collines vertes où poussaient des vergers et où quelques troupeaux paissaient paisiblement. Araal posa une main sur celle de Densham qui se cramponnait à ses vêtements. Tous deux tenaient de leurs mains gauches les sangles du panier. D'ordinaire, Araal l'aurait attaché à la selle de son griffon, mais il montait à cru. Et s'il avait pris son vieux sac de voyage, qu'il pouvait porter sur son dos, il aurait éveillé les soupçons de ses subordonnés qui ne l'aurait pas laissé partir... cela dit, Araal les avait esquivés avec une habitude déconcertante, pour venir s'isoler et procrastiner dans les jardins privés du prince. L'air était bien plus froid si haut, plus humide aussi. Il lâcha la main qu'il tenait pour essuyer son nez dont l'extrémité commençait à le chatouiller. Il remonta son foulard sur le bas de son visage, avant de repositionner son bras de façon à pouvoir aider Densham à tenir en place. Il serait malvenu que le prince régent ne tombe de si haut en raison de leur petite escapade.
Derrière eux, Fainros s'éloignait, et leur vol sembla durer plus longtemps que la vingtaine de minutes qu'il dura en réalité. Araal repoussa le foulard et émit un bruit de bouche, faisant claquer sa langue, et accentuant la pression sur ses genoux. Les oreilles de Tëhernëtar s'agitèrent, se tournant vers le bruit que faisant son cavalier. Le griffon hulula doucement et amorça sa descente en douceur vers la hauteur d'une colline. Un jeune verger se déployait sous eux. Griffon comme Drow n'y avaient vu aucune silhouette, ils y seraient seuls.

Tëhernëtar descendit en cercle, ralentissant la descendre en étendant ses grandes ailes. Finalement, il se posa, freinant toujours son élan à l'aide se ses ailes largement déployées. Touchant le sol, le griffon avança de quelques foulées, jusqu'à s'immobiliser. Les vents qui les avaient secoués pendant le voyage s'étaient calmés, mais Araal ne pouvait s'empêcher de ressentir une impression de froid. Le soleil qui réchauffait le sol et les arbres finirait par les réchauffer également.


-Posons le panier.

Une fois cela fait, Densham put descendre, suivit d'Araal. Le griffon s'ébroua, secouant tout son corps, chassant l'humidité de sa fourrure, avant de s'étirer. Araal défit sa coiffure pour la refaire, rassemblant les cheveux neigeux qui s'étaient échappés durant leur course. Avec un sourire rappelant un gamin malicieux, il leva son œil turquoise sur Densham.

-J'espère que ta royale personne n'est pas trop débraillée suite à cette petite envolée...

Tëhernëtar se mit à chercher l'endroit le plus chaud. Le griffon tourna en rond, moulinant le sol de ses énormes pattes, avant de finalement se coucher, pour nettoyer ses plumes de son bec, entamant une toilette appliquée.

Araal s'assura que son cache œil était en place. Sous celui-ci se trouvait un amalgame de tissus cicatriciels, et une paupière toujours close, masquant un orbite vide. Réapprendre à combattre avec un œil en moins avait été une épreuve, qu'il avait fini par surmonter et qui lui avait laissé quelques bleus. Son œil manquant était aussi le souvenir de la bataille de Pern, un souvenir amer, où malgré la gloire qui l'avait auréolée par la suite, lui laissait un goût de bile dans la bouche et une puanteur dans le nez. Araal s'efforça de respirer profondément. Il n'y avait rien ici qui était semblable à ses souvenirs. L'odeur de la terre chauffée par le soleil lui emplit les narines. Le vent porta le parfum de Densham jusqu'à lui. Le prince était légèrement échevelé, sa capuche avait dû tomber pendant le vol. Sa tenue sobre contrastait avec ses élégantes tenues et ses coiffures élaborées qu'il portait fièrement. Araal songea qu'il aimait aussi ce Densham là, celui qui se tenait devant lui, celui qui ne se révélait que derrière des portes closes.


Le Drow s'accroupit pour ouvrir le panier. Il en tira une épaisse couverture, tissée, en laine robuste. Il eut un sourire. Aeon avait aisément compris qu'ils ne comptaient pas manger attablés. Araal déploya la couverture sur sol, s'éloignant tout de même de leur lieu d'atterrissage, légèrement labouré par les griffes de Tëhernëtar. Ce dernier continuait d'ailleurs de lisser ses plumes.

-Si ta majesté veut bien se donner la peine, et ramener le panier par ici, ainsi que ta royale personne pour venir prendre place ?

Araal indiqua la couverture déployée sur le sol d'un élégant geste, s'inclinant, parodiant les courbettes de l'étiquette de la cours falastoise.


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Densham
Prince - Princesse

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♦ Peuple : Sidhe
♦ Métiers : Régent du royaume du Falast
♦ Localisation en Inwilis : Fainros
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MessageSujet: Re: Verger ensoleillé   Ven 11 Mai - 18:01

Densham posa une main sur sa chevelure. Lui qui l’avait soigneusement lissé se retrouvait avec de petits cheveux rebelles un peu partout suite au vent qui les avait secoués. Il soupira intérieurement, il savait bien que ce soit à cheval ou à dos de Griffon qu’il lui était impossible de garder une coiffure impeccable, mais il gardait toujours le secret espoir qu’elle ne se défasse pas. Tout au moins quasiment pas.
Le prince descendit souplement en premier  du dos du Griffon, après avoir déposé le panier avec Araal. Ce dernier eut un sourire malicieux, le regardant tout en refaisant la queue de cheval qu’il arborait la plupart du temps, et il lui indiqua qu’il espérait que se « royale personne » n’était pas trop débraillée à cause du vol.

L’œillade que lança le Régent à son ami devait valoir son pesant d’or. Bien sûr qu’il était débraillé. Enfin, beaucoup jugeraient ça mineur, mais le sidhe aimait être soigné et bien arrangé à tout moment. Bien que la cour ne soit présente pour le juger et l’admirer actuellement, il restait le regard d’Araal, qui était tout aussi important à ses yeux que toute la cour réunie. Il l’était même plus. Après il savait son expression délibérément exagérée comparée à ce qu’il ressentait vraiment. Voler à dos de Griffon était une expérience grisante, être accroché et serré  contre Araal durant ce vol était un bonus plus que plaisant et souffler un peu loin de l’organisation du Conseil une pause plus que bienvenue. Il y avait longtemps qu’il n’avait pas pris de temps uniquement pour lui en dehors de son jardin tôt le matin ou tard le soir.
Le reste du temps le régent s’occupait du royaume, de la cour, mais aussi de sa mère qui sans le montrer était la plus angoissée à chaque missive reçue, de peur que ce ne soit de mauvaises nouvelles concernant Méliès.  La dernière datait de quelques semaines et notait pourtant de légers signes d’améliorations. Si Densham était souvent pessimiste, il avait ressenti de l’espoir en lisant le courrier cacheté d’Or Blanc, une amélioration était toujours la bienvenue. Il en avait informé uniquement son cercle d’amis intime, sachant qu’ils n’ébruiteraient en rien ces nouvelles. Tout ce qui touchait au roi était sensible auprès des nobles ou du peuple, la flamme de rancœur ne demandant qu’une légère étincelle pour être rallumée. Rappeler l’état de son frère pouvait réveiller les consciences sur ceux qui l’avaient mis dans cet état. Il préférait avoir des nouvelles plus sûres avant de dire quoi que ce soit, ne pas remuer les esprits de peur de les troubler.


-Ma foi, je le suis, mais je ne peux en vouloir à celui qui m’a arraché aux griffes implacables de mes conseillers qui semblent plus avoir besoin d’être conseillés ironiquement.

Enfin, si le vent et les mouvements de Tëhernëtar avaient mis à l’épreuve sa coiffure et la mise en place de ses vêtements, il n’avait en rien l’air ridicule, il le savait. Il eut un léger rire en quittant son air sévèrement outré pour ajuster sa tenue. Lissant chemise et gilet, tout en replaçant sa cape. Densham regarda le griffon tournicoter sur place du coin de l’œil, avant de procéder lui aussi à un réajustement de sa « tenue », se toilettant avec minutie.

Un sourire tendre passa sur le visage du Prince quand Araal lui désigna la couverture, s’inclinant de manière à se moquer de la cour, mais d’une manière tout à fait gracieuse qui lui tira un frisson. Le drow avait le don de lui faire avoir la chair de poule en quelques mots et en un geste. Araal le remarqua mais sembla l’interpréter différemment, vu l’air légèrement inquiet qui passa dans son regard. Densham joua le jeu, n’osant pas –comme toujours- assumer ses pensées.

-Ne t’en fais pas, avec un tel soleil se réchauffer devrait être rapide. J’avais oublié qu’il faisait si frais là-haut, mais c’est agréable. Comme j’aimerais avoir mon propre Griffon pour pouvoir profiter de ce plaisir et pouvoir voler également…

Cette dernière phrase fut dite d’une voix un peu plus basse. Ca n’était pas la première fois que le prince parlait d’avoir un Griffon. L’idée lui trottait dans la tête depuis plusieurs décennies. Le Griffon était l’un des emblèmes de la famille royale et chaque roi ou reine en a eu un ou plusieurs durant son règne. Son père en avait eu dans sa jeunesse, mais n’avait pas voulu en avoir d’autres une fois que la vieillesse ait emportée sa seconde monture. La tradition voulait pourtant qu’une autre lui soit offerte quatre ans après la mort de la première, Daerion avait refusé, préférant une dompter une licorne afin d’en faire une monture, un autre des emblèmes de sa famille. Méliès avait eu un Griffon, Dërhilior, qui avait été malheureusement abattu lors de la bataille de Pern.
Lui n’était qu’un prince, régent actuellement certes, mais il n’en restait pas moins juste le prince. Il pouvait avoir un Griffon s’il le voulait, rien ne l’en empêchait théoriquement, sauf que le faire durant la convalescence de son frère serait interprété comme une revendication indirecte du pouvoir. Il n’avait jamais pensé à aborder le sujet avec son aîné avant, à présent il devrait être patient, attendant de voir si son frère reviendrait, dans quel état il reviendrait également. Un nouveau frisson le parcouru, bien loin de ressembler au précédent, celui-ci lui hérissa la colonne.
Les soigneurs et guérisseurs d’Or Blanc étaient très clairs, si Méliès se réveillait, nul ne saurait à quel point il serait handicapé, tant physiquement que psychiquement. Il pourrait n’être qu’une ombre dans un corps vivant. Si Dërhilior avait survécu, son frère ne serait sûrement pas dans cet état…
Il cligna des yeux pour chasser cette pensée et se dirigea vers la couverture, panier en main.


-Enfin. Ma royale personne ainsi que le panier, que je nomme officiellement royal panier d’un jour, arrivons. Que de royauté sur cette humble couverture.

Prenant place en riant il déposa le panier entre Araal et lui et entreprit d’en déballer lui-même le contenu.  Il y avait du pain de seigle, quelques tranches de fromages à pâte dur, un pot contenant un chutney  d'oignons et de raisins secs. Mais aussi une bouteille de cidre doux produit dans les vergers, et deux pâtisseries qu’il identifia comme des pattes d'ours apparemment aux fruits rouges. Leur parfum serait à déterminer une fois qu’il croquait dedans. Le repas était simple, sans forcément être aussi frugal que ce qu’on s’imaginait. La miche de pain était généreuse, le fromage aussi, et les pattes étaient de bonne taille.  Ils mangèrent dans un quasi silence perturbés uniquement pas les oiseaux ou les bruits fait par Tëhernëtar.
Ils n’avaient pas forcément besoin de mots pour se comprendre. Ils avaient faims également, il fallait le dire, et la nourriture fournie par Aeon était délicieuse. Et le silence qui régnait était si différent de la cohue du palais, du bourdonnement incessant qu’il y avait là-bas qu’il en devenait beau et irréel. Le prince regretta de ne pas avoir pris de papier et de fusain pour griffonner. Le vent souffla un peu plus et son regard fut attiré par les cheveux blancs d’Araal qui flottaient dans le vent. Il vit alors le général le regarder fixement.

Perdu dans ses pensées, le drow ne sembla pas se rendre compte qu’ils se regardaient tout deux. Densham eut un sourire et déclama doucement.


-Au coin d'un rayon de ciel bleu,
Tes fils de soie d'un blanc neigeux
M'ont pris au piège de ton regard
Fixé, unique, quelque peu hagard.

Perçant l'âme et la chaire,
Sondant mes pensées et mon être.
Que vois-tu donc mon cher ?
Qu'attends-tu à voir paraître ?


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Araal Nerevar Vanarden

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MessageSujet: Re: Verger ensoleillé   Lun 3 Sep - 23:56

-Ah ! Araal s’inclina légèrement, toujours moqueur, une main posée sur le cœur, toujours là pour te servir ta majesté.

Tirer Densham des pattes de ces conseillers n’était pas une mince affaire. La dernière rébellion centaures avaient pris au royaume Méliès, alors tout jeune roi, de même qu’une partie des officiers les plus expérimentés, lors d’une même attaque. La même attaque qui lui avait coûté son œil et l’avait récompensé en cicatrices et d’une montée en grade. Densham, dont la vie princière avait jusqu’à présent surtout été consacrée à de longs voyages à l’étranger, avait soudainement dû endosser la charge de régent. Le roi Daeron n’avait pas voulu prendre cette fonction, lui qui avait abdiqué en faveur de son fils ainé.
Araal n’avait eu guère de temps pour accompagner son prince, comme lors de ces voyages, lui-même convalescent, il était resté à Pern, supervisant la sécurité pendant la reconstruction de cette petite ville, qui avait pris une importance colossale pendant la guerre. Le Falast se redressait à peine de ce coup dur, qu’il lui fallait déjà être l’hôte du Conseil de l’Alliance du Nord. Densham avait vu sa vie changer, pas forcément pour son plaisir.
Le prince régent était occupé, ses journées chargées, et elles ne semblaient pas s’alléger alors que le Falast n’était plus plongé dans une crise telle qu’il n’en avait pas connu depuis la grande épidémie de crayeuse. Araal regrettait parfois ses temps plus simples, où lui-même n’avait que peu de responsabilités, alors simple griffon d’argent. Il regrettait parfois ses années dans le Nord du royaume, à la frontière de l’Inwerin, dans les hauteurs enneigées. Il regrettait la neige et Brelvos. Il ne portait plus son alliance au doigt, mais il la gardait précieusement dans un petit coffre de bois, posé sur le chevet de sa chambre. Dedans y était enfermé des souvenirs, douloureux parfois, toujours précieux. Il arrivait aussi qu’il regrette Ataya et la franche camaraderie qu’ils avaient partagée. Il regrettait même Fiaren, parfois. Il se demandait si Densham ne regrettait pas sa vie d’avant Pern, avant que les centaures ne mettent le Falast à feu à sang.
Densham le tira de ses ruminations.


-Un griffon ? Grands dieux, Densham, ces trucs prennent une place monstre.

Tëhernëtar émit un cri indigné, tandis que son cavalier ricanait, son œil unique pétillant de malice.

-Cela dit, tu pourrais toujours l’entrainer à se décharger sur la table du conseil pour ajourner la moindre session lorsque tu en as envie.

Les conseillers de Densham étaient comme une volée de papillons, à tournoyer autour du régent, les bras chargés de documents, toujours à lui soumettre une idée, à lui transmettre des informations sur la pêche dans les duchés de l’Ouest, sur la reproduction des dragons des falaises, sur les cours des céréales, ou sur celui de la laine que les Maëldanais vendaient toujours trop cher à leur goût, sur les dépenses, sur les alliances et les amitiés de la noblesse.

-Avec toute cette royauté, je n’ose m’assoir, moi qui ne suit pas le fils d’une illustre lignée. Même le panier a plus de prestige que moi en cet instant.

Araal se laissa tout de même tomber, avec plus ou moins de grâce sur la couverture étalée sur l’herbe encore légèrement humide. Il ne faisait pas encore assez chaud pour que la rosée s’évapore dans les hautes herbes. Perchés sur le haut de leur colline, entourés d’arbres, la vue qui se déployait devant eux avait de quoi faire rêver. Fainros s’étalait à perte de vue, on pouvait d’ailleurs parfaitement distinguer les parties construites à différentes époques. Le fleuve Sirel-Narac s’étendait comme un énorme serpent argenté au milieu des vallons. Il y avait des hameaux, des petits villages, de grandes fermes, qui parsemaient la campagne environnantes, sillonnées par les routes, où se déplaçaient déjà voyageurs, marchands, ouvriers.
Araal se dit que si les paysages neigeux et sauvages du Nord du royaume lui manquait, il aimait tout de même cette vue. Longtemps, elle avait été le synonyme du retour à la maison, la perspective d’être en sécurité, d’avoir un repas chaud et un lit dans lequel le dormir. Un vrai lit, pas la couche de voyage parfois inconfortable. Le vent charriait les odeurs des arbres fruitiers, et le soleil leur chauffait doucement le dos.
Ils déjeunèrent en profitant de la vue et de la paix qui régnait si loin de Fainros. Les mets préparés par Aeon étaient simples, généreux, mais gouteux, de quoi remplir un estomac et de satisfaire des papilles. Ils jetèrent un sort au fromage, au pain, vidant le pot de confits d’oignons, et se désaltérant avec un cidre produit dans les environs. Tëhernëtar avait fini par se coucher, après qu’Araal lui ait lancé quelques morceaux de fromages rapidement gobés. Le Griffon était entendu de tout son long, se prélassant au soleil, comme si ce vol de courte durée l’avait fatigué. Ils n’échangèrent que peu de mots, finissant par se taire. Ici, tout était si calme.
Les cheveux roses de Densham prenaient presque une teinte dorée sur le sous soleil. Sans le vouloir, son regard avait fini par se poser sur son prince. Tous les deux assis là, sans aucune formalité, comme si l’un n’était pas à la tête d’un royaume et que l’autre n’avait pas tout une troupe militaire d’élite sous ses ordres. Araal ne se souvenait plus de la dernière fois qu’ils avaient partagé un tel instant. C’en était presque trop intime.
Son rêve se rappela aussi cruellement à lui que les paroles mordantes de Fiaren. Densham était un Sidhe, dont la beauté ne faisait aucun doute. Ses traits aristocratiques étaient emprunts de mélancolie, et il émanait de lui calme et douceur, ici là maintenant. Son regard perdu, contemplant le paysage comme Araal l’avait fait lui aussi. Densham semblait presque irréel. Les yeux d’Araal s’attardèrent sur le visage fardé avec élégance qu’il avait vu si proche du sien. Il pouvait presque sentir à nouveau l’odeur des huiles et des poudres, le souffle chaud d’une bouche brûlante, presque collée à la sienne.
Il sursauta presque quand Densham se mit à déclamer des vers. Araal eut un mince sourire, cherchant encore à reprendre contenance. Densham avait souvent donné dans la poésie. Si Araal se souvenait bien, il avait même publié quelques recueils sous un nom de plume. Il avait parfois déclamé les vers d’antique litanie lors des voyages, s’adonnant à quelque représentation théâtrale, accompagné par sa cour, souvent pour le plaisir de ses hôtes. Son cœur battait la chamade et il sentit ses mains devenir moites. Troublé Araal ne fut sauvé que par Tëhernëtar qui se redressa promptement, poussant un petit hululement, très doux.


Au loin, trois silhouettes, volant vers eux, depuis Fainros. Une grimace passa sur le visage du Drow. Cela ne voulait dire qu’une seule chose.

-Je crains que notre escapade ne soit de courte durée. Le lieutenant Célène a probablement retrouvé ma trace. Si je m’écoutais, nous prendrions la poudre d’escampette tout de suite, mais ce serait puéril n’est-ce pas ? Ou tu pourrais simplement leur ordonner de faire demi-tour et de nous oublier pour deux ou trois heures encore ? Ce ne serait pas vraiment abuser de ton autorité ?


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