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 Au retour d'une promenade

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Nueonia
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♦ Peuple : Dryade
♦ Métiers : Ancienne cultivatrice
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MessageSujet: Au retour d'une promenade   Jeu 20 Avr - 16:34

Le sourire de Parthalan lui semblait chaque fois plus radieux. Il avait beau avoir des crocs à la place des canines du bas, il avait beau avoir un visage trop taillé à la serpe pour être réellement agréable à regarder selon beaucoup, elle le trouvait de plus en plus beau, de plus en plus parfait. Elle aimait ces crocs et le visage qui allait avec : ce nez aquilin, cette bouche large autour de laquelle des rides se formaient quand le roi souriait, ces yeux d'un rouge parsemés d'or. Lorsque son époux se baissa pour flatter sa monture, ses sourcils se froncèrent légèrement, creusant de nouvelles petites rides.
Nueonia sursauta un peu en se rendant compte qu'elle n'avait pas du tout écouté ce qu'il venait de lui dire et qu'elle avait passé son temps à le regarder, ce qui n'était pas forcément très poli. Tout juste avait-elle saisit quelques mots au sujet d'une revanche.

-Oui, bien sûr ! Je vous accorderais volontiers une revanche, je n'ai pas été très équitable en partant à peine ma phrase terminée. Mais j'ai tout de même gagné.

Elle se rabrouait intérieurement tout en disant ça. Il était évident que si elle commençait à apprécier le roi, peut-être même un peu plus qu'apprécier, elle n'avait pas à le regarder aussi fixement, surtout en détaillant son visage. De quoi avait-elle l'air ? Et s'il pensait qu'elle le regardait parce qu'elle se moquait de lui, ou qu'elle le jugeait mal, ou le trouvait apeurant comme la première fois où elle l'avait vu ? Et si Parthalan ne la trouvait pas du tout à son goût et que ça expliquait sa gêne en sa présence. C'était ça, il l'aimait bien mais sans plus, il ne savait pas comment lui dire ou lui montrer. Et peut-être avait-il remarqué que la dryade commençait à l'apprécier, ce qui ajoutait à son malaise. Après tout, face à dame Iseabel elle était si fade : avec ses cheveux qu'elle arrivait tout juste à démêler et qu'elle ne pouvait coiffer, ses yeux bleus quelconques, ses mains un peu caleuses aux ongles abimés à vie par le travail, ses épaules un peu trop carrées, ses genoux noueux...
Dame Iseabel était magnifique : toujours bien apprêtée, avec des cheveux blonds soyeux qu'elle coiffait comme elle le désirait, des mains fines et délicates, sa famille prestigieuse, elle était impétueuse et chassait aussi tout comme le roi, elle avait sa prestance et son assurance. Elle qui osait à peine parler lors des repas, qui ne connaissait le roi que depuis peu et qui ne venait qu'une d'une simple famille de paysans ; elle ne pouvait rien face à la noble qui le connaissait depuis bien plus longtemps et avec qui il semblait bien plus à l'aise.
Nueonia lui offrit tout de même un sourire sincère lorsqu'il évoqua de venir avec elle dans les landes une prochaine fois qu'elle s'y rendrait.

-Et je serais ravie que vous veniez avec moi lors d'une prochaine ballade dans les landes. Vous pourriez avoir votre revanche dans les formes à ce moment là, avec des témoins et des règles définies. Comme ça je ne pourrais plus vous prendre de cour. En plus la bruyère est en pleine floraison, il y a des endroits où c'est intégralement recouvert de leur fleurs violette et bleues c'est splendide !

***

Si elle avait eu un petit coup de mou au tout début de leur visite d'Armenelos en se rappelant à quel point elle avait du paraître idiote à fixer le roi, ce sentiment s'était bien vite envolé avec la traversée des premiers quartiers.
Au début calme, la promenade avait passée un cap lorsque quelques personnes les reconnurent, puis un peu plus, et si certains regardaient de loin quelques uns leur lancèrent des salutations, des compliments pour leur mariage et des félicitations. Elle entendit aussi quelques compliments sur elle, parfois échappés à voix haute et en rougit. Elle n'était pas sûre de mériter ces compliments et l'attention. Après tout elle était que l'épouse du roi, elle n'avait pas -ou pas encore- de véritable rôle politique. Mais elle accorda de larges sourires aux gens, rendit quelques signes de main et remercia ceux qui s'approchaient pour les complimenter. Le roi semblait à l'aise avec cet exercice.

Ils mirent bientôt pied à terre et elle pu s'approcher des vitrines.
Ce qu'elle y voyait la fascinait, que ce soit la vitrine d'un horloger ou celle d'un chocolatier, elle trouvait que tout était superbe et que le travail accompli sur certaines pièces était remarquable. Nueonia commenta tout ce qu'elle voyait à l'intention du roi, enthousiaste. Elle n'était venu que peu de fois dans la ville d'Armenelos, deux ou trois fois peut-être, et lorsqu'elle était enfant. Elle n'avait que peu de souvenirs et surtout n'avait pas visité, les voyages en ville étant surtout fait pour faire affaire et non pas pour flâner dans les rues. Elle demanda timidement à entrer dans une première boutique de foulards et d'accessoires pour dames. Elle prit le temps de regarder chaque article, suivit par le boutiquier qui commentait chacune des pièces qu'elle examinait.
Si certaines étoffes étaient en soie ou en cachemire, Nueonia préféra acheter une pièce un peu plus modeste, bien que superbe. C'était une écharpe en laine et cachemire mélangés, d'un bleu ciel doux, avec de très fines rayures d'un bleu un peu plus soutenu et une petite broderie de nuage à chaque bout de l'écharpe. Le marchand commenta que ça lui irait bien, elle répondit timidement que c'était pour offrir. Sans se démonter, le boutiquier répliqua alors qu'elle avait beaucoup de goût et que son attention ferait plaisir.

Elle demanda à entrer dans d'autres boutiques par la suite. Un confiseur chez qui elle acheta un assortiment de ses produits ; elle acheta une boîte à musique pourvue d'un automate représentant un enfant sautant à la corde chez un marchand de jouet ; une canne ouvragée taillée dans un bois solide, une pipe qui y était étrangement assortie et une blague à tabac en cuir chez un maroquinier ; chez un coutelier elle fit graver les initiales de son frère sur le manche en os d'un set de couteaux : un pour cueillir les champignons, un pour dépecer et un autre multifonction.
Ils visitèrent aussi la ville, Parthalan lui donnant les noms de certaines places, de certaines rues. Il connaissait beaucoup de choses sur la ville. Et beaucoup de gens également. Il avait connu ou reconnu nombre d'artisan chez qui ils étaient entré, notamment le coutelier avec qui il avait longuement discuté pendant qu'elle regardait. Ils avaient même pris quelques fameuses Bélicornes à emporter. Nueonia les trouva excellentes.
Le temps de faire un dernier tour du côté des boutiquiers, durant lequel Nueonia resta bloquée quelques temps sur un peigne ornemental à coincer dans les cheveux en bois clair sculpté d'étoiles, et ils repartirent.

De retour à Fort le Heaume, la dryade amena sa jument jusqu'à l'écurie. Elle la dé-sella et lui servit de quoi boire et manger, avant de la confier aux soins d'un palefrenier pour qu'elle soit correctement étrillée. En retournant au fort, elle gratifia la monture de son époux de quelques caresses. Grendel était immense, elle se prit à imaginer essayer de monter en selle et rit un peu.
Ce fut aux côtés de Parthalan qu'elle retourna à l'intérieur même du fort, portant elle même ses achats.

-Et cette fontaine était vraiment superbe, surtout le soleil qui se reflétait dans l'eau et qui faisait tout ces petits arc-en-ciel sur les pierres alentour. Et j'aime beaucoup l'histoire autour de la fondation de l'université, et le bâtiment aussi, il est presque aussi grand que le fort, j'aimerais en voir l'intérieur une prochaine fois, si c'est possible bien sûr ! Oh, oh ! Et les Bélicornes ! Je crois que je pourrais en manger tout les jours s'en m'en lasser ! Maman m'en avait acheté quand j'étais venue petite, mais je ne me souvenais pas du tout que c'était aussi bon !
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Parthalan
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♦ Peuple : Lycanthrope, Maëldanais.
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MessageSujet: Re: Au retour d'une promenade   Sam 30 Sep - 15:27

La journée touchait à sa fin lorsqu’ils passèrent à nouveau sous la herse du second mur d’enceinte. Le soleil commençait à décliner à l’horizon, mais sa chaleur, dernière trace de l’été avant l’automne, réchauffait encore les vieilles pierres de Fort le Heaume. De là, le bruit du ressac était moins présent, même si le vent poussait l’odeur saline de la mer jusqu’à eux. Ils furent accueillis par un petit groupe de serviteurs, qui accoururent à leur rencontre. Sous lui, Grendel était insatisfait. Le monstrueux équidé aurait sans doute mieux aimé une longue course dans les landes, plutôt que d’arpenter les rues d’Armenelos, si vaste soit la capitale. Parthalan avait, au contraire, trouvé satisfaction dans cette journée ô combien intéressante et distrayante.
On vint prendre sa bride alors qu’il démontait souplement. Son épouse refusa que l’on s’occupe d’elle et de Lamrei. La reine tenait à prendre soin de sa superbe monture elle-même. Décontenancés, les palefreniers se regardèrent, avant de regarder le roi, attendant sans doute qu’il intervienne. Parthalan se contenta de hausser très légèrement les épaules. Nueonia était sa reine. Elle pouvait bien faire ce qu’elle voulait. Cela n’empêcha pas l’un des palefreniers de la suivre, en se tordant les mains, l’air inquiet.

Après la course folle d’où Nueonia était sortir vainqueur, ils avaient quitté Fort le Heaume à un rythme plus décent, escorté de deux Fearghas en armes, Ronan et Maeve, et de quatre membres de la Garde d’Armenelos. Les Fearghas étaient montés, les hommes d’armes étaient à pieds. Parthalan avait tenu à ce que son épouse voit la mer de près, même si le panorama offert par le port n’était pas le plus attrayant, pas plus que la forte odeur qui, à sa connaissance, régnait dans tous les ports du monde. Armenelos était vaste, s’étalant sur l’embouchure du Dairine, elle occupait depuis plusieurs siècles la rive Est, et seulement depuis plus de deux siècles, les rives Est et Ouest du fleuve, bien que la rive Ouest soit moins développée. Parthalan promit à Nueonia qu’ils s’y rendraient une autre fois, il y avait déjà fort à faire avec Armenelos sur la rive Est. Fort le Heaume étendait son ombre sur la colline qu’il surmontait. Du premier mur d’enceinte jusqu’au second, le terrain était occupé par des bâtisses de pierre servant à loger le personnel, une partie des jardins et de petits enclos pour les quelques animaux que l’on élevait sur place. Au second mur d’enceinte, épais comme six hommes, on débouchait sur un quartier ancien, aux bâtisses hautes et nobles, pourvues de jardins particuliers, au Nord, on apercevait les toits de l’Université. Vers le Sud, les nobles maisons et hôtels particuliers laissaient progressivement la place à un quartier moins aisé, au centre duquel trônait le fort de la garde d’Armenelos. Depuis le fort, les rues menaient jusqu’aux docks, le port et le front de mer bordant la quasi-totalité de la limite Sud de la capitale. Ils n’emprunteraient pas cette partie de la cité, continuant plutôt sur l’avenue des Rois, qui les mèneraient au cœur de la cité. Et seulement là prendraient-ils le chemin des reines pour gagner le port. Le calme des beaux quartiers céderait alors la place à une activité frénétique à l’approche du marché d’Hossë et des quartiers commerçants. Centre nerveux de la capitale, le négoce et l’échange de biens constituaient la principale activité de ce quartier.
Parthalan obliqua au Nord, faisant passer leur petit groupe dans les quartiers les plus aisés, les menant jusqu’à l’Université, dont ils purent admirer l’architecture. Elle avait été construite à l’initiative de la reine Céanne du clan Uinesch, ayant à l’origine pour but d’offrir une bibliothèque digne de ce nom, ouverte à tous, à Armenelos, faisant gagner en prestige la capitale. Le bâtiment fut dessiné et construit par un architecte Falastois du nom d’Arlathan. L’Université détonnait alors avec le style architectural maëldanais, s’élevant gracieuse, composée de quatre ailes, orientées autour d’un patio ornementé, avec ses hautes fenêtres, et ses étages s’achevant en tourelles. Le toit de tuiles bleu-gris contrastait avec les toits de tuiles brunes de la capitale. Les façades du bâtiment étaient magnifiquement décorées de motifs abstraits taillés dans la pierre. La légende disait qu’Arlathan avait protégé le lieu avec des sortilèges ainsi gravés dans la pierre. Parthalan ignorait si c’était là la vérité. L’université sembla produire un fort effet sur Nueonia. Il allait sans dire, que le cadre verdoyant qui l’entourait aidait à anoblir encore le lieu. Suite à un incendie, les bâtiments autour de l’université furent abattus et remplacés par un parc, qui forme une enceinte verte autour de ce lieu de savoir. Des résidences pour les étudiants furent construites autour. Ils prirent alors l’avenue des Clans, qui les ramena vers le centre. Leur allure modérée devint lente, alors qu’ils côtoyaient passants, marchands, habitants, chariots et bestiaux. Du doigt, Parthalan pointa la fumée qui surplombait la capitale vers l’Ouest, indiquant que là se trouvait le quartier des artisans, et derrière encore, hors des murailles, se trouvait le chantier naval.
Jouant son rôle de guide, il expliquait, outre le chemin, les histoires qui se cachaient derrière le nom d’une rue, celle de la construction de l’université, poursuivant ce qu’il avait déjà commencé en contant quelques anecdotes sur Fort le Heaume.
Ils gagnèrent le port, assaillis par les cris des mouettes, les grincements du bois, les cris des marins et des dockers, et par les odeurs marines et d’autres moins agréables, provenant de ce lieu. Parthalan avait choisi la partie du port où accostaient les navires en provenance du Sud, celle qui n’était pas bordée par de longues lignes d’entrepôts et de tavernes tenant plus du boui-boui que de l’auberge, comme à l’Est, quand on repartait vers le Fort de la Garde. Même si à l’Est, on trouvait aussi les navires de pêches, dont les prises alimentaient la capitale et une partie des villes environnantes.
Parthalan laissa tout le temps à Nueonia d’observer. Il n’était pas un expert en navigation, ni même en navire. Il put tout de même nommer les jonques Morniennes et les deux Pharazra Andanoréens, dont les figures de proue étaient vivantes, ainsi que les élégants navires Falastois aux coques dorées.
Ils firent demi-tour, et regagnèrent le centre. Sur la place de la Roue d’Or, ainsi nommée en raison du grand nombre d’échoppes et d’étals proposant des tourtes et des tartes de toutes sortes, ils prirent une rapide collation en guise de déjeuner. Ne voulant pas faire de favoritisme, les souverains durent acheter plusieurs petites tourtes et tartelettes à différents étals. Parthalan en fit également profiter leur escorte, qui put alors se restaurer. Ils burent de l’eau pétillante accommodée avec des fruits et du sucre.

La suite de leur périple fut plus longue, alors que Nueonia commença à s’aventurer dans les boutiques qui attiraient son attention. Parthalan finit par tenir Lamrei et Grendel par la bride, quand il ne confiait pas leurs montures à l’un des Fearghas pour suivre son épouse à l’intérieur des échoppes. Ils restèrent longtemps dans celle de Celtchar, un forgeron, dont les couteaux décoraient presque entièrement la vitrine de son échoppe. Celtchar était connu pour forger les meilleurs Sgian Dubh de tout le Maëldan, ces couteaux de petite taille portés par les hommes des clans, glissés dans leurs bottes ou chausses, servant à manger autant qu’à se défendre. Sa femme, Boan, travaillait le cuir des fourreaux. Le sgian dubh de Parthalan provenait de l’échoppe, et le souverain discuta longuement avec le couple d’artisans alors que son épouse choisissait un présent pour son frère, et que Celtchar gravait, sur les manches en os les initiales de Kalani, le frère de son épouse. Cette dernière n’en était pas à son premier achat, ayant déjà acquis au fil de leur promenade, d’autres présents. Alors qu’elle prenait soin de choisir un présent pour les siens, Parthalan quitta doucement son rôle de guide, ne répondant plus que lorsqu’elle lui posait une question.
Au lieu de parler, il se prit à l’observer. D’abord réservée et timide, il la vit rougir plusieurs fois quand on la complimentait ou qu’on la félicitait. Elle s’enthousiasmait pour beaucoup de chose, et quand son œil était attiré par un objet, un pièce de tissus ou une quelconque pièce d’artisanat, elle la fixait, la manipulait parfois, prenant un air concentré et sérieux, évaluant ce qu’elle tenait entre ses mains. Elle sembla même parfois hésiter quand on lui annonçait le prix. Parthalan se contentait de hocher la tête quand elle semblait lui demander si elle pouvait se le permettre. Il payait. Au début. Puis il avait fini par lui confier sa bourse. A présent, l’argent qu’elle contenait était autant à elle qu’à lui. Elle avait semblé en être embarrassée. Il avait simplement rétorqué qu’elle était son épouse et qu’elle avait le droit, en tant que reine, à une certaine somme. Le roi pensa qu’il lui faudrait prévoir une somme qui serait allouée à la reine, chaque mois, pour qu’elle la dépense ou non, comme bon lui semblerait.

Cette journée aurait pu être celle d’un couple en voyage de noce, visitant une ville inconnue, s’il n’avait pas serré tant de mains et rendus tant de saluts, que s’en fut presque éreintant. En quittant le quartier des artisans, non sans être passés devant le Manoir d’Aeguishor, siège de la guilde qui s’occupait de mettre en relation maîtres et apprentis à l’échelle du royaume, ils remontèrent vers la place centrale. Là, Parthalan envoya Ronan acheter des Bélicornes au Cercle des Fées, alors que Nueonia dévalisait un confiseur. Le roi du Maëdan avait une préférence pour les confiseries confectionnées par Mogweed Fardale, dont la réputation n’était plus à faire. Les Bélicornes se vendaient partout en Maëldan et chacun y allait de sa recette. La confiserie se présentait sous la forme suivante : celle d’une petite corne d’Earthaë, blanche, recouverte de sucre, et fourrée d’une pâte fondante, parfois un peu élastique, aux parfums variés.
Ils se permirent une bolée de cidre ou un verre de vin épicé, pour manger avec les Bélicornes, les dégustant au pied d’une fontaine à l’effigie du roi Maglor des Alaric, figure impressionnante et stoïque, tenant à deux mains son énorme épée, dont la pointe était plantée dans le sol. Autrefois, il y avait eu des crânes à ses pieds. Avec le temps, les crânes avaient plus ou moins disparus, se transformant en globes lisses. Les pieds du roi étaient mangés par une mousse verte qui montait du bassin. L’eau jaillissait depuis la garde de l’épée et depuis de petites ouvertures sur le pourtour du socle de la statue.
Après cela, Nueonia hésita devant l’étal d’une marchande proposant des bijoux et autres ornements féminins. Elle ne prit pas le peigne qu’elle regardait avec intensité, et cela signa la fin de leur journée.

Le chemin du retour fut animé par la conversation de la Reine qui parlait de leur journée, demandait parfois des précisions, posaient d’autres questions. Charmé par cet enthousiasme teinté de candeur et d’une spontanéité rafraîchissante, Parthalan se fit un plaisir d’y répondre. C’est dans une joyeuse conservation qu’ils entrèrent dans la cour.
Parthalan attendit son épouse, qui refusa également qu’on l’aide à porter ses achats, au grand désarroi des serviteurs qui s’agitaient depuis leur retour. Quand elle arriva à sa hauteur, portant sur elle l’odeur des écuries, il lui prit quelques paquets, notamment la canne enveloppée de papier brun, qui glissait sous son bras.

-Vous venez de décontenancer la moitié du personnel de Fort le Heaume, vous le savez ? demanda-t-il sur un ton clairement amusé.

En voyant l’expression qui passa sur son visage, Parthalan ne se retint pas et éclata de rire.

-Personne ne vous en voudra. J’ai mis plusieurs années avant de ne plus faire tout moi-même. Avant de découvrir qu’avec les responsabilités et devoirs qui accompagnent le titre de roi, je ne pouvais plus préparer moi-même mon repas, ou m’occuper de Grendel. J’imagine qu’avec le temps, on finit par y prendre goût…

Ils montèrent la volée de larges marches menant à l’ancien hall, dont les colonnades étaient soigneusement préservées. Sur chacune d’elle était gravé un morceau de l’Histoire du Maëldan, depuis l’arrivée de Maël et des Norrois, migrants, fuyant, leur royaume englouti par les flots jusqu’à la fin des premières rébellions centaures, en passant les guerres claniques et Aeguishor. Le vieux Hall avait autrefois vu les assemblées de clans, avant que le roi Dairine n’ordonne la construction de l’actuelle salle du trône, plus lumineuse et spacieuse, à la fin de son règne. Il n’en profita guère et ne le vit jamais achevé.
Les portes de la salle du trône était ouverte et à présent dépourvue de guirlandes de fleurs et de tissus colorés, elle paraissait presque austère et aurait pu l’être si les bannières représentants les différents clans ne pendaient pas depuis le plafond, ornant colonnes et murs. Derrière le trône, le loup des Fearghas occupait l’espace, tête noire sur fond gris, dont les yeux gris semblaient pourvoir tout voir. Ils n’entrèrent pas, prenant le petit escalier menant aux pièces communes, et desservant un large couloir qui menaient aux étages.
L’enthousiasme de Nueonia n’avait pas faibli à en croire ses paroles. Parthalan ne put s’empêcher de la trouver ravissante avec ses joues rougies et ses yeux encore emplis de l’éclat de l’admiration qu’elle avait eu pour l’université, la fontaine du roi Maglor…

-L’université est ouverte à tous. Et même si elle ne l’était pas, je crois que les érudits feraient une exception pour la reine du Maëldan.

Elle exagérait quand elle disait l’université aussi grande que le Fort. L’architecture grandiose y était sans doute pour beaucoup dans cette impression. Le doute le saisit un instant. Fort le Heaume n’était pas petit, loin de là mais la surface qu’occupait l’Université n’était pas non plus négligeable, surtout si l’on y ajoutait le quartier estudiantin qui avait poussé tout autour.

-Et jamais je n’aurai cru entendre dire de la statue du roi Maglor des Alaric qu’elle était superbe… Impressionnante oui, mais superbe… Si les Alaric étaient encore dans les parages, j’imagine que vous auriez encore gagné des points auprès d’eux.

Ils croisèrent le chemin d’un couple de servantes, portant du linge. Elles s’arrêtèrent pour leur demander si elles pouvaient leur être utile, comme faire mander quelqu’un pour qu’il puisse porter leurs fardeaux. Parthalan répondit que cela n’était pas utile, les congédiant en suite gentiment.

-Vous étiez donc déjà venue ? Avant notre rencontre... Pour le négoce j’imagine ? Quand les Fingal descendent le fleuve, c’est souvent pour marchander, que ce soit pour vendre ou pour acheter.

Il se rendit compte qu'il ne la connaissait pas, s'il ignorait qu'elle était déjà venue à Armenelos. Et pourquoi cela n'aurait-il pas été le cas ? Il fut soulagé, au fond de lui. Sa première impression de la capitale n'avait donc rien à voir avec celle du mariage qu'elle avait été, sans aucun doute, obligée d'accepter. Elle n'avait rien à voir avec cette première fois ils s'étaient rencontrés, où elle était venue se présenter, accompagnée de son clan, tremblante et réservée. Horrifiée à sa vue, alors qu'il se tenait presque trop sévèrement sur son trône, tout aussi peu désireux qu'elle d'avoir à se marier et se sentant finalement désolé pour elle. Une sensation qui revenait souvent, surtout qu'elle parlait de sa famille. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il l'avait arrachée à sa vie juste pour de la politique, pour son propre confort...
Ruminant ces réflexions peu joyeuses, le roi s’aperçut qu’ils prenaient le chemin des appartements royaux, toujours encombrés des présents.

-Je ne sais pas où vous voulez euh… déposer vos présents. Je me suis dirigé naturellement vers vos appartements mais peut-être auriez-vous voulu les faire porter dès à présent à votre clan ?




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Nueonia
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MessageSujet: Re: Au retour d'une promenade   Lun 21 Mai - 22:37

Nueonia acquiesça d'un mouvement de tête enjoué quand le roi supposa qu'elle était déjà venue sur Armenelos pour commercer. Bon, ça n'était pas elle qui commerçait à l'époque, c'était ses parents et d'autres membres du clan venu vendre leurs produits, mais elle les avait suivit, pour apprendre un peu et parce qu'elle l'avait demandé. Elle avait été un eu déçue de ne pas pouvoir visiter la cité comme elle l'avait voulu, mais en gardait tout de même de bons souvenirs.

-Oui deux ou trois fois, je ne me souviens plus précisément. Mais c'était bien pour négocier et commercer. La première fois nous sommes venus avec nos voisins les plus proche ainsi que quelques autres membres du clans cultivant des fruits. Mais je n'avais pas pu visiter comme aujourd'hui. Vous êtes un excellent guide.

La dryade se risqua une nouvelle fois à regarder son époux.
Il semblait soucieux, comme s'il regrettait quelque chose, qu'il se sentait coupable. Elle espérait fortement que ce n'était pas par rapport à leur promenade. Il avait eu l'air d'apprécier quand ils étaient dans Armenelos, il lui avait accordé beaucoup de temps, répondant avec patience à toutes les questions idiotes qu'elle avait pu poser. La jeune femme avait adoré cette journée, à chaque fois qu'elle passait un peu de temps avec Parthalan elle se rendait compte qu'elle n'avait eu aucune véritable de raison d'avoir peur de lui lors de leur première rencontre.

-Oh. Euh. Je vais les garder dans ma chambre jusqu'à demain, j'aimerais leur joindre un mot pour donner quelques nouvelles à ma famille. Leur parler de cette agréable promenade, leur vanter vos talents de conteur... Et leur dire que je vais bien, bien sûr. Puis je les ferais envoyer au verger.

Ils continuèrent alors jusqu'à sa chambre, le roi insistant pour porter ses achats jusqu'au bout. Elle lui accorda un grand sourire en le remerciant. C'était elle qui avait acheté tout ça, mais il lui portait, comme les chevaliers servants que l'on trouvait dans les contes et les légendes. Ça elle ne le lui dit pas à voix haute, mais elle le pensa très fort.
Une fois arrivé dans sa chambre, elle posa ce qu'elle portait sur la grande table, poussant quelques livres qui s'y trouvaient déjà, et invita Parthalan à en faire de même, portant elle même une petite pile de livres jusqu'à son bureau déjà bien encombré. Il faudrait sûrement qu'elle fasse un tour à la bibliothèque pour ramener quelques uns des ouvrages qu'elle avait déjà lu. Même si elle remettait régulièrement le nez dedans. Nueonia jeta un coup d’œil à son horloge et vit qu'elle avait encore du temps avant que le diner ne soit servit. Elle regarda ses chaussures un peu sales et songea qu'elle ne serait pas contre une toilette rapide ou un bain après cette journée. Mais d'un autre côté elle n'avait pas envie d'arrêter ce moment avec le roi...
Elle ne savait pas quand ils pourraient passer autant de temps ensemble.
Au diable son rafraîchissement, elle n'était pas si sale après tout, et pouvait bien se laver avant le coucher. Le tout était de trouver un sujet de discussion pour essayer de faire rester son époux.
Elle se retourna vers ce dernier avec une idée en tête et la mine réjouie.

-Dites moi... Est-ce qu'il vous serait possible un jour de m'apprendre à jouer au Conquérant ? J'ai vu pas mal de personnes y jouer et si ça m'a l'air intéressant, mais je n'ai pas envie de paraître idiote à demander que l'on m'apprenne...

Elle regardait son époux en espérant qu'il réponde par l'affirmative, et même elle espérait fortement qu'il lui propose de commencer les leçons de manière immédiate. En plus ça n'était pas un mensonge, les gens avaient l'air d'apprécier ce jeu, elle avait envie d'essayer et de voir ce qu'elle valait. Et elle avait peur qu'on la juge si elle demandait, alors que Parthalan ne la jugerait certainement pas. Si ?

-Et je sais de source sûre que vous êtes un excellent joueur, si ce n'est le meilleur de tout Fort le Heaume. Je ne pourrais rêver meilleur professeur.  
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Parthalan
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MessageSujet: Re: Au retour d'une promenade   Sam 8 Sep - 0:10

Le roi se fit brièvement songeur.

-J’imagine qu’Armenelos doit vous changer de Glasthuil et ses terres. Cela dit, je crois que les marchés du fief des Fingal n’ont rien à envier à ceux de la capitale. Je n’ai jamais vu autant de sacs de grains, de paniers de légumes et de fruits, et autant de têtes de bétail qu’à Glasthuil, surtout à l’approche des fêtes à la fin de l’été, quand presque tout le Maëldan s’y réunit pour une semaine de négoces bien arrosée.

Les Fearghas n’avaient pas fait exception, et comme d’autres, ils avaient souvent posé leurs tentes à l’occasion des foires de Glasthuil, vendant quelques têtes de leur propre bétail, vendant surtout des peaux et des fourrures, et prenant de quoi passer l’hiver confortablement à Eadburg, leur fief au pied de la grande du Nord. Eadburg  pouvait être particulière austère et isolé durant l’hiver, lorsque la neige et la glace s’emparait du Nord du pays, les vents venus de la baie de Wysern s’engouffrant par le grand col. Le clan devait sa survie aux réserves et à ses troupeaux d’ëarthaës, fournissant lait, viande, graisse, cuir… et aux prix que d’autres clans payaient pour que les Fearghas les protègent des orvokki qui descendaient de leurs montagnes durant l’hiver, remplaçant voleurs et renégats des saisons plus chaudes. Une vie rude, mais simple, qui lui manquait parfois. Mais depuis qu’il avait gagné le Tournois des Rois et que les druides avaient posé la couronne, simple cercle de métal, sur sa tête, et bien, la vie des Fearghas s’était améliorée. Celles des Fingal serait probablement grandement facilité dès lors que Nueonia était son épouse, même si son clan était un des plus prospères de tout le pays.

-Noorah pourra se charger de faire parvenir vos présents et votre courrier à votre famille.

Une lueur de malice s’alluma dans le regard de Parthalan, un sourire en coin étirant ses lèvres.

-Je précise qu’elle peut le faire, au cas où il vous viendrait l’idée de les envoyer vous-même.

Sa femme lui ouvrit la porte de ses appartements, s’empressant de l’aider à se décharger de ses fardeaux une fois à l’intérieur, pour son plus grand amusement. Nueonia débarrassa sa table d’une imposante pile de livres, auquel il jeta un bref coup d’œil, apercevant les titres sur leurs dos. Les ouvrages traitaient de l’histoire, de la géographie du Maëldan, et il vit même un exemplaire du compendium de Roeg MacGill-Eain, compilant les différents clans, indiquant leurs emblèmes, couleurs, liens de parentés et fiefs possédés.

-Mon père m’a fait apprendre celui-là par cœur, fit-il en le désignant d’un geste, je ne peux que l’en remercier aujourd’hui. Sans cela, j’aurai probablement commis de graves offenses.

La dernière tirade était purement sarcastique. Les clans pouvaient s’offenser pour tout et rien. Le Maëldan était un pays en paix, et il fallait bien tromper tout cet ennui avec des querelles et des requêtes mesquines, quoi que parfois légitimes. L’assemblée des clans pouvaient être très mouvementée. Parthalan l’avait rapidement compris et l’avait subi lorsque les clans s’étaient battus pour obtenir ses faveurs et surtout qu’il accepte d’épouser le candidat du clan choisi par son laird. Les livres savants se mélangeaient aux livres plus artistiques, comme pratiques. Il vit un herbier parmi les ouvrages. Nueonia occupait probablement une partie de son temps à s’instruire. Il devina qu’elle prenait son rôle de reine très à cœur. Il la trouva subitement courageuse, et ressentit une bouffée d’admiration pour elle.
Il fut pris au dépourvu par sa question, mais agréablement surpris. Cela dut se voir, car il s’empressa de lui répondre, embarrassé.

-Ah ! Je peux vous apprendre à jouer, bien sûr. Et vous n’auriez pas eu l’air idiote. C’est un jeu populaire, mais tout le monde n’y joue pas. Les Falastois préfèrent le jeu de Rùl, avec les cartes et les billes, par exemple. Et Noorah joue à un jeu du Sud, qui se joue sur un genre de boulier. J’imagine que c’est pour cela qu’elle ait aussi rapide quand elle s’occupe de nos comptes.

Noorah gérait les finances de Fort le Heaume, et gérait aussi, lorsqu’elle était à Eardburg, les finances du clan, jetant un œil aux livres de comptes. Eileen était d’ailleurs ravie que son épouse se charge de toutes questions financières, n’étant guère encline à s’en occuper elle-même.

-De sources sûres, hm ? J’imagine que ma cour a dû vous rebattre les oreilles avec les différentes parties que j’ai disputé avec la moitié des lairds de tous les clans réunions pendant les célébrations pour notre union.

Un léger grognement d’agacement s’échappa de sa gorge. Les chefs de clans le défiaient toujours au Conquérant, mettant à l’épreuve la légendaire chance de leur souverain, et l’adage qui voulait que leur roi ne perde jamais. Ces défis pouvaient devenir éprouvants, mais Parthalan avait pu voir des stratégies élaborées, subtiles comme brutales, mais aussi des plus… inattendues.

-Je suis un bon joueur, en effet, poursuivit-il modeste, mais sachez que jouer au Conquérant ne s’apprend pas en une partie. Et si vous voulez apprendre tranquillement, autant faire porter un plateau dans vos appartements ou dans les miens. Jouer dans le salon ne ferait qu’attirer des spectateurs.

Il s’interrompit, interloqué en la voyant s’agiter.

-Oh, vous voulez apprendre dès maintenant ?



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Nueonia
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MessageSujet: Re: Au retour d'une promenade   Sam 8 Sep - 16:42

Depuis qu'elle était arrivée au palais, Nueonia avait constaté à quel point le roi était sollicité par tous, pour d'importantes questions comme pour des banalités. Les gens cherchaient à se faire remarquer du roi, plus ou moins subtilement ou souvent. Elle commençait aussi à avoir ce genre d'attention, mais ses suivantes la protégeait efficacement des opportunistes. Elles étaient devenus des amies pour la reine et elles passaient la majorité de leurs journées toutes ensemble. Grâce à elles, Nueonia avait apprit de nouvelles activité comme la couture, le chant, un peu de tir à l'arc. Mais surtout, elle beaucoup apprit sur la manière de se tenir, de réagir, d’interpréter aussi. Paysanne de naissance, elle n'avait jamais réellement été confronté à l'envie et la jalousie d'autres qui auraient voulu sa place ; à présent c'était bien différent. Dame Iseabel, mais aussi d'autres femmes l'avaient en ligne de mire et si elles faisaient montre de gentillesse devant la cour, elles ne portaient pas la dryade dans leur cœur. La reine l'avait remarqué immédiatement pour Iseabel, plus récemment pour d'autres.
Mais elle ne se laissait pas abattre pour autant, et travaillait dur pour prouver que Parthalan ne s'était pas trompé lorsqu'il l'avait choisie, et que si elle était une paysanne à la base, elle était tout aussi intelligente et capable que n'importe qui.
Lorsque le roi mentionna le compendium de Roeg MacGill-Eain, la dryade eut un sourire.

-J'essaye de le retenir, mais il est assez conséquent, je n'en suis qu'à la moitié.

Parfois Nueonia avait l'impression de ne rien retenir de ce qu'elle lisait. Dans ces moments là elle avait presque envie de jeter l'éponge, mais ses parents ne l'avaient pas élevée comme ça. Et elle était plus têtue qu'on ne pouvait le croire. Quand elle l'avait confié à Brianna un matin, cette dernière lui avait rappelé que les dames qui la jalousaient; la cour et le roi lui même avaient étudiés eux aussi pour arriver à ces connaissances. Et eux avaient étudié depuis leur enfance. La reine n'avait commencé que depuis quelques semaines, il était tout à fait normal qu'elle se sente dépassée.
Sa suivante lui avait alors conseillé de ralentir un peu ses lectures, de lire des livres plus léger et de se laisser le temps d'assimiler. La femme du clan Erskine lui avait aussi proposé de voir avec le groupe des suivantes afin que chacune aide à sa manière la reine à apprendre ce qu'elle voulait savoir. Leur activité avaient alors un peu changer. La couture et la broderie se chargeaient d'informations sur les tartans, les promenade à cheval d'informations sur les clans de chasseur et les fourrures, le chant se chargeait d'Histoires... Cette nouvelle façon d'apprendre lui plaisait fortement.

- Mais je progresse ! Vous verrez, un jour je le connaitrais moi aussi par cœur et je ne commettrait donc pas d'impairs lorsque le moment viendra.

La jeune reine regardait son époux alors qu'il réfléchissait à la demande qu'elle lui avait formulé vis à vis du jeu du Conquérant. Elle avait mis ses mains dans son dos, les tortillant un peu. Elle espérait vraiment que la réponse du roi serait positive, après tout ce n'était que lui apprendre les règles et les subtilités d'un jeu, ça ne devait pas être trop complexe ou chronophage. Quand le roi accepta, elle se retint de ne pas sautiller comme une enfant. Il acceptait, ils seraient donc amener à se voir plus souvent, à apprendre à mieux se connaître. Elle eut l'impression que des bulles remontaient joyeusement de son ventre jusqu'à sa nuque.
Il continuait à lui parler, évoquant des lairds, d'autres jeux... Elle ne l'entendait pas vraiment tant elle était contente et n'eut d'oreille que pour les mots : "autant faire porter un plateau dans vos appartements ou dans les miens." Le roi voulait lui apprendre à jouer seuls à seuls, c'était bien plus que ce qu'elle avait espéré. Nueonia se demanda si elle pouvait appeler quelqu'un pour apporter le nécessaire dès à présent ?  il faudrait débarrasser la table récemment encombrées de cadeaux. elle commença alors à prendre quelques paquets pour les emmener jusqu'au bureau, autant commencer de suite non ?


-Oh, vous voulez apprendre dès maintenant ?

Elle s'arrêta, une seconde fournée de paquets dans les bras, un petit air surpris et coupable à la fois. Elle s'était peut-être emportée sur ce coup, accepter ne voulait pas dire que le roi aurait le temps immédiatement.

-Oh, et bien, j'aimerais bien oui, enfin si ça ne vous dérange pas bien sûr ? C'est que la journée à tellement bien commencée, j'avoue que j'aimerais un peu... Vous garder avec moi jusqu'au diner, en fait. Je n'ai pas si souvent eu l'occasion de ne vous avoir qu'à moi depuis nos noces, pour passer du temps ensemble. Et puis, j'ai vraiment envie d'y jouer...

Elle se sentait comme une enfant qui avait pris pour acquis ce qu'elle souhaitait, sans penser à l'autre. La jeune reine se traita mentalement d'idiote.

-M-mais ne vous sentez pas obligé, j'ai juste pensé, comme vous avez dit oui... Je n'ai pas pris le temps de trop réfléchir, vous avez peut-être envie de prendre du temps pour vous. Mais si vous voulez bien qu'on commence dès maintenant je suis partante. Enfin, je pense que ça se voit en fait.
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Parthalan
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♦ Peuple : Lycanthrope, Maëldanais.
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MessageSujet: Re: Au retour d'une promenade   Sam 22 Sep - 12:32

Sa réaction si spontanée et enfantine le prit au dépourvu. Son air n’aurait pas détonné sur le visage d’un enfant surpris par un parent en pleine nuit, la main dans un pot de miel et la bouche collante, au lieu d’être au lit. Nueonia se figea, des paquets dans les bras, qu’elle avait commencé à poser un peu partout, comme sur le dessus de son lit ou d’une commode, pour libérer la table. Parthalan éclata d’un rire sonore et franc, dévoilant une bouche pleine de crocs. Il n’aurait jamais cru que Nueonia veuille jouer immédiatement, encore moins qu’elle pense plutôt à ce qu’il ait besoin de temps pour lui, qu’à retourner s’occuper des affaires du royaume.
Non pas qu’il ait à faire, l’avantage du Maëldan était que s’il avait à arbitrer les querelles, à approuver ou à refuser les requêtes des clans, le royaume pouvait se gérer sans lui pendant une journée. Les lairds, seigneurs des terres du royaume, géraient leurs territoires, et Parthalan ne mettait que rarement le nez dans leurs affaires. Son cousin Balthir, laird d’Eadburg, s’occupait des affaires du petit fief des Fearghas et des nombreux membres du clan qui vivaient là-bas. Quand Parthalan avait été couronné, il avait emmené un petit nombre des membres du clan avec lui, tous séjournaient à Fort le Heaume, constituant sa garde personnelle, ou occupant des postes clés dans son entourage immédiat. Balthir s’acquittait de sa tâche avec brio, tout en étant à la tête d’affaires florissantes. Parthalan savait qu’il donnait dans la vente de laines, peaux et fourrures, et qu’il les vendait dans le Sud par des intermédiaires, faisant venir épices, sucre, huiles, et autres produits des royaumes du Sud. Le clan en vivait, tout comme ils vivaient de l’élevage, des produits de la chasse, d’un peu d’agriculture, mais surtout des gains des contrats de protection commandités par d’autres clans. Ces contrats abondaient durant l’hiver, quand les orvokki descendaient des montagnes, rendus téméraires par le froid et le neige qui recouvrait tout, ou bien pour se débarrasser d’un nid de rurk installés à proximité de pâtures, ou encore pour récupérer des bêtes égarées ou volées.
Dans tous les cas, le roi du Maëldan s’occupait surtout des relations avec les royaumes voisins et par-delà les mers, tout en s’assurant qu’aucun clan n’était piqué de l’idée de déclencher une guerre avec un autre. L’assemblée des clans, qui avait lieu plusieurs fois par an, l’accaparait chaque fois pendant une à deux semaines, où tout se résumait à un jeu d’alliances, à la politique, à d’ancestrales querelles, et surtout à de trop nombreux banquets bien arrosés. Autrement dit, Parthalan avait effectivement du temps devant lui avant que cette journée ne se termine.

-Le Maëldan peut bien se passer de moi pour quelques heures encore. Je ne doute pas que l’on saura me trouver en cas de catastrophe.

Réfléchissant sérieusement à la proposition de Nueonia, et à comment faire pour amener un plateau de Conquérant jusqu’à eux, sans que cela ne crée une série de commérages, Parthalan ne s’attarda pas sur le reste des paroles de Nueonia. Passant outre le souhait avoué à demi-mots qu’elle aimerait passer plus de temps avec lui.
Se grattant le menton, où sa barbe, qu’il avait rasée pour son mariage, ou plutôt convaincu par sa sœur de la raser pour ne pas ressembler à un vieil ours hirsute, commençait à repousser, il poursuivit pensif :

-J’imagine que nous devrions passer par Noorah pour faire monter un jeu complet jusqu’ici.

L’œil de nouveau rieur, il regarda son épouse, dont il découvrait la personnalité petit à petit. Les livres sur l’histoire, les clans, lui indiquaient qu’elle était curieuse, le compendium indiquait qu’elle était travailleuse. Obstinée peut-être également. Son malaise en sa présence semblait être passé, et Parthalan se réjouissait de ne plus provoquer chez elle le moindre inconfort en se tenant simplement à côté d’elle. Il se souvenait encore de la raideur de sa nuque et de son teint presque livide le soir de leur mariage, et de ses gestes rendus maladroits par sa nervosité et son appréhension. Il se souvenait aussi de la raideur de ses propres muscles et des protestations de son corps quand il s’était extirpé du fauteuil, celui-là même qu’il avait sous les yeux, après une nuit passée dedans. Il avait regagné ses propres appartements au petit matin, pour des heures de sommeil bien trop courtes. Tout le monde avait pris sa fatigue apparente pour l’assurance d’avoir célébré son mariage. Il n’y avait eu que ses proches pour ne pas s’y tromper.
Parthalan était vigilant lors de ses apparitions en public, veillant à ne donner foi à aucune rumeur à son sujet, et encore moins matière à discussion sur sa personne. Ses oreilles sifflaient suffisamment lorsque les clans se disputaient des territoires, des accords commerciaux, ou des droits de chasse, de pêche. Nueonia ne subissait pas encore les assauts des lairds et de leurs conjoints pour s’attirer ses faveurs, et Parthalan savait que cela était principalement dû à la garde rapprochée que formait les suivantes de son épouse. Noorah le tenait informé, car personne ne faisait vraiment attention à l’épouse de sa sœur quand elle endossait son rôle d’intendante, et qu’elle voyait et entendait tout. Nueonia, avant même d’être mariée à lui, faisait déjà l’objet de discussions, et cela continuait. Toutes ne faisaient pas son éloge.

-J’ai cru comprendre que Dame Iseabel vous mène la vie dure. Apprendre à jouer devant un public vous vaudrait peut-être quelques commentaires, tâchons d’éviter cela. C’est ma mère qui m’a appris à jouer, et je trouvais plus facile d’être seul avec elle. Tâche difficile avec Eileen.

Il eut un sourire. Sa petite sœur avait un tempérament aussi haut en couleur que ses cheveux, et si elle s’était calmée en grandissant, enfant, c’était une autre paire de manches. Elle avait eu un avis bien tranché sur tout, et une confiance en elle à toute épreuve, n’ayant aucun doute d’être toujours dans son bon droit, et surtout prompte à utiliser ses poings.

-Je ne sais pas si je serais un bon professeur…

Son regard fit le tour de la pièce. Noorah avait choisi le mobilier, les couleurs, le linge, se renseignant discrètement sur les goûts de la future reine, mais… la plupart des surfaces étaient encombrées d’ouvrages empruntés aux bibliothèques de Fort le Heaume, de quelques effets personnels, et des cadeaux achetés plus tôt. Il faudrait un peu de place pour le jeu.

-Permettez que je vous aide à ranger un peu.

***

Sur la petite table ronde des appartements de Nueonia trônait maintenant un jeu de Conquérant. Le plateau en bois avait son damier peint de différents couleurs, et une petite boîte en bois vernie pour contenir les pièces. Une partie de Conquérant se jouait le plus souvent à deux, mais chaque jeu contenait un troisième set de pièces, permettant à un troisième participant de jouer. Le jeu avait dû servir plus d’une fois, à juger par l’usure, la peinture et le vernis étaient parfois passés ou écaillés par endroits, et les pièces avaient été lissées par les centaines de manipulations. L’ensemble restait tout de même d’une manufacture supérieure, le bois utilisé étant de qualité et le travail du sculpteur était exquis. Parthalan ignorait où Noorah avait trouvé le jeu, probablement dans une des nombreuses pièces oubliées et poussiéreuses de Fort le Heaume, dont l’existence n’était connue que de l’intendante et de quelques curieux. Sa belle-sœur avait monté le plateau elle-même, et avait échangé un regard sans équivoque avec lui. Parthalan savait déjà que sa sœur allait être informée de la situation, et se féliciterait qu’il ait écouté ses conseils, en faisant un effort avec son épouse.
Le mot épouse sonnait toujours bizarrement dans sa bouche, comme dans ses pensées. Il réalisait difficilement qu’il s’était lié à une femme plus jeune, risquant d’être plongée au cœur d’intrigues politiques auquel elle était à peine préparée, et ce jusqu’à ce que la mort les sépare. Il culpabilisait toujours de l’avoir arrachée à sa vie chez les Fingal. Ses yeux firent le tour des paquets qu’ils avaient simplement empilés sur le sol, dans un coin de la pièce.

-La vie à Glasthuil vous manque-t-elle ? demanda-t-il au détour d’un déplacement de pion sur le damier.

Ils jouaient depuis une heure déjà, ils entamaient leur deuxième partie, après une longue première partie, où il s’était efforcé de lui apprendre les règles. Les pions d’un jeu de Conquérant se déplaçaient de manières précises et différentes, pouvaient monter en grade, ce qui rendaient parfois la partie un peu compliquée. Le but du jeu étant de conquérir le territoire de l’adversaire en lui prenant le plus de pions possibles – décimant son armée – et en terminant la partie avec un nombre de pions supérieur placés sur le territoire adverse. Les parties pouvaient être interminables quand les joueurs connaissaient les coups et techniques sur le bout des doigts. Parthalan s’était efforcé d’être le plus pédagogue possible, mais ne jurait que par la pratique. Il n’avait pas appris à jouer correctement en une partie. Le jeu du Conquérant avait occupé les soirées d’hiver à Eadburg, jusqu’à ce qu’il fasse partie des guerriers employés durant l’hiver, et qu’il ne passe plus ses soirées hivernales dans le fief des Fearghas. Il avait parfois, entre deux explications, gratifiés Nueonia d’anecdotes, qu’elles soient sur sa vie avant son couronnement, que sur les inventeurs des techniques simples qu’il voulait lui apprendre.

-J’imagine que depuis notre mariage, vous vous êtes faite à Fort le Heaume, je sais que vous avez le soutient et l’aide indéfectible de vos suivantes. Mais...

Noorah était celle qui s’était renseignée sur Nueonia, la désignant comme la candidate idéale au mariage. Parthalan savait déjà quelle vie elle avait menée avant qu’il ne la choisisse. Adoptée par un couple de fermier, elle était aussi la pupille du Laird. Elle avait vécu une vie de Fingal, simple, tournant autour du travail de la terre et de l’exploitation agricole. Simple, tout en étant soumis aux intempéries et aux épreuves de la vie d’agriculteur. Elle avait une famille aimante, des amis.

-Armenelos doit être bien différente de Glasthuil.



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Nueonia
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MessageSujet: Re: Au retour d'une promenade   Sam 29 Sep - 2:29

Les règles n'étaient pas simples à comprendre, loin de là. Enfin oui, les règles en elles-même l'étaient, les pièces se déplaçaient d'une manière précise, le but était clair, le plateau ne changeait pas de configuration en cours de partie ou autre. Mais il y avait plusieurs stratégies possible, plusieurs manière de gagner face à son adversaire. Stratégies changeant selon le nombre de personnes jouant également. Et à ses stratégies s'ajoutaient les différents grades des pièces qui changeaient selon certaines conditions à remplir et n'avaient pas le même impact sur le déroulement du jeu. Nueonia ne l'avait pas imaginé aussi complexe.
La première partie qu'ils avaient joué avait durée longtemps. Parthalan lui avait expliqué patiemment les pièces, le gros des règles avant de jouer, et le reste en cour de jeu. Bien sûr, elle avait perdu, mais moins vite que ce qu'elle aurait cru. La dryade soupçonnait son époux d'avoir fait durer pour qu'elle puisse vraiment se faire au jeu.
Et si elle avait voulu profiter de ce moment pour chercher à connaître plus le roi, au final s'était lui seul qui agrémentait la conversation d'anecdotes. Elle les avait écouté, et commentées, mais avait essayé de rester concentrée pour ne pas perdre trop le fil du jeu.


-La vie à Glasthuil vous manque-t-elle ?

Elle lâcha des yeux le pion qu'il venait de déplacer sur le damier, étonnée de cette question qui lui paraissait bien soudaine. Est-ce qu'elle avait l'air de s'ennuyer ici à Fort le Heaume ? Est-ce qu'il croyait qu'elle en avait marre d'être sa femme et qu'elle voulait retourner dans son verger comme avant ? Ou alors il souhaitait lui qu'elle reparte au verger et cherchait à le lui faire comprendre d'une manière détournée ? Elle calma vite son imagination débordante.
Parthalan ne lui semblait pas être le genre de personne à revenir sur sa parole, et il n'avait pas eu l'air fâché contre elle ou même déçu. Pas même quand elle avait fait cette bourde avec le chef de clan des Alarics. Ils avaient eu des débuts pas très faciles, ils ne s'étaient pas beaucoup parlé, elle avait eu peur de lui la toute première fois où ils s'étaient rencontrés, mais depuis ils avaient tout de même fait des progrès. Ils se parlaient, même si quelques fois ça n'étaient que des banalités, passaient un peu de temps ensemble avant les diners, ou comme pour la promenade en ville qu'ils avaient fait.
Non, il n'y avait pas de raison pour qu'il décide de la répudier et de la renvoyer chez son père. Alors peut-être s'inquiétait-il simplement de savoir si elle se sentait bien ici ? Il y avait de grandes chances.


-J’imagine que depuis notre mariage, vous vous êtes faite à Fort le Heaume, je sais que vous avez le soutient et l’aide indéfectible de vos suivantes. Mais Armenelos doit être bien différente de Glasthuil.

Elle prit le temps de réfléchir avant de répondre. Pas qu'elle ne sache pas ce qu'elle pensait, mais plutôt parce qu'elle ne souhaitait pas que Parthalan puisse mal interpréter ce qu'elle répondrait. Elle ne prit pas non plus trop longtemps pour répondre.

-Armenelos est vraiment différente de Glasthuil oui. Si le fief Fingal n'a pas à rougir de sa taille, l'ambiance, les habitants, les commerces, ça n'est pas pareil du tout. Il y a plus de diversité à Armenelos, le port y est pour beaucoup avec l'ouverture sur le sud. Mais nos marchés sont plus abondant de produits frais.

Les marchés de Glasthuil étaient immenses. Chaque agriculteur, chaque éleveur y vendait ses produits. Que se soit sur son propre étale, ou sur un étale pris en communs avec des voisins avec qui un accord avait été passé. Les fruits, légumes, animaux, fromages et produits de la ferme s'y trouvaient alors en grandes quantité et ce toute l'année. Les produits changeaient bien entendu selon la saison, mais le marché n'en restait pas moins immense.
Celui d'Armenelos qu'ils avaient vu était plus modeste en comparaison.

-Je mentirais si je disais que ma vie d'avant ne me manque pas du tout. Tout est différent : je ne dois plus me lever aux aurores pour commencer à travailler, je ne travaille plus, enfin pas de la même manière, je côtoies bien plus de gens en une journée que j'en côtoyais en une semaine...

Au tout début, Nueonia s'était sentie purement inutile. Elle s'était réveillée chaque jour avec le soleil pour se rendre compte qu'elle n'avait rien à faire en réalité. Elle n'avait plus à aider sa belle-sœur avec Urien ou son père avec ses soucis de santé. Elle avait déjà perdu cette habitude quand elle était allé chez Gwiltan le temps d'apprendre à mieux parler et mieux présenter. Mais elle avait gardé l'habitude de cuisiner au petit déjeuner, déjeuner et dîner. Et elle avait continué à aider chez Gwiltan également.
La vie à Fort le Heaume lui avait semblé vide, jusqu'à ce qu'elle se prenne en main et décide de travailler différemment. Nimue l'avait aidée à commencer et ses suivantes arrivées après elle avaient continuées. Elles étaient toutes adorables avec elles, patientes et gentilles. Elle les considérait comme des amies même si elles ne se connaissaient pas depuis si longtemps.

-Mais si j'en suis nostalgique quelque fois, j'ai appris à aimer ma vie ici. J'ai appris des choses que je n'aurais jamais songé à apprendre au verger, j'ai rencontré des tas de gens intéressants, je n'avais pas autant de livres non plus...

Baissant les yeux sur le plateau, elle essaya de reprendre le cheminement de sa réflexion pour son prochain coup. Elle savait qu'elle pourrait avancer l'un de ses cavalier pour le faire monter de grade, mais quelque chose lui disait que ça n'était pas forcément une bonne idée. Sa concentration ne fit pas long feu alors qu'elle songeait qu'il lui fallait développer un peu plus ses pensées vis à vis de sa nouvelle vie. Elle voulait dire quelque chose sur son époux, quelque chose de gentil, qui reflétait ce qu'elle pensait de lui. Mais c'était un peu gênant aussi de se dévoiler comme ça. Elle se força à relever les yeux.

-Et aussi... J'aime bien être avec vous. Vous êtes quelqu'un de droit, vous êtes patient avec moi et vous n'êtes pas lassé de m'entendre parler tout le temps ou de mes questions incessantes. Vous avez toujours quelque chose à raconter, une anecdotes, une histoire, un fait...

Elle baissa de nouveau son regard et bougea le cavalier, tant pis pour la réflexion, il fallait qu'elle fasse quelque chose et elle n'avait pas trouvé ce qu'il y aurait comme problème si elle faisait ce mouvement.

-Ma nouvelle vie est différente et je l'aime beaucoup.
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